(b) Les écarts de niveaux de vie
Un deuxième frein à la coopération régionale tient aux forts écarts de niveaux de vie entre les différents territoires.
Ainsi, dans la zone Caraïbes, en termes de PIB par habitant, l'échelle varie de 1 à 100, comme le montre le tableau suivant :
PIB/ Habitant en $ US |
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> 45 000 |
> 35 000 et
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> 15 000 et
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> 10 000 et
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> 5 000 et
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< 5 000 |
Îles Caïmans
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Îles Vierges britanniques |
Martinique
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Porto Rico
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Barbade
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Grenade
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Source : Eurodom
De même, dans la zone de l'océan Indien, on constate de grandes différences de richesse entre les territoires, avec :
- des pays qui figurent dans la liste des pays les moins avancés (PMA), comme les Comores ou Madagascar ;
- des pays à revenu intermédiaire, comme les Seychelles ou l'Île Maurice ;
- et, enfin, des pays ou des territoires qui font partie des pays développés, comme La Réunion.
Compte tenu des forts écarts de développement, certains territoires doivent faire face à une forte pression migratoire, comme la Guyane par exemple, ce qui entraîne des tensions avec les pays voisins.
(c) Les autres obstacles
Il existe d'autres facteurs qui contribuent à limiter la coopération régionale.
? Il en va ainsi d'abord des difficultés de transport entre les DOM et les pays ou territoires voisins.
Comme l'ont souligné de nombreuses personnalités auditionnées et comme les membres de la mission commune d'information ont pu le constater lors de leurs déplacements, les liaisons maritimes et aériennes entre les différents territoires, tant dans la zone Antilles-Guyane, qu'au sein de l'océan Indien, sont très insuffisantes.
Ainsi, les liaisons aériennes entre la Guyane et le Brésil sont très limitées. Actuellement, pour se rendre en avion au Brésil à partir de Cayenne, les passagers doivent passer par Macapa. Inversement, les habitants des États fédérés du Nord du Brésil (Para et Amazonas) qui veulent se rendre en Europe doivent redescendre à Rio de Janeiro, au Sud du Brésil, pour ensuite remonter dans le Nord.
Les infrastructures de transports terrestres sont également insuffisantes, même si un pont sur l'Oyapock, entre la Guyane et le Brésil, devrait être inauguré en 2010, qui permettra la jonction par la route de Macapa et Cayenne.
? Les différences en matière de législations et de normes, notamment sanitaires ou environnementales , constituent également des obstacles à la coopération régionale, comme l'ont souligné de nombreuses personnalités rencontrées lors des déplacements de la mission commune d'information.
Le cas de l'interdiction d'importer du pétrole en provenance du Venezuela en Guyane et aux Antilles offre à cet égard un bon exemple.
? On peut aussi mentionner les barrières culturelles et linguistiques.
En effet, la zone Antilles Guyane est marquée par une forte prédominance de l'espagnol, alors que la zone de l'océan Indien se caractérise par une domination de l'anglais. Toutefois, le français est également présent dans ces deux régions, notamment à Haïti ou au sein de la Commission de l'océan Indien, où le français a même le statut de seule langue de travail.
À titre anecdotique, mais éloquent, il est remarquable que l'on trouve très peu de cartes géographiques qui représentent les ensembles régionaux, comme l'a d'ailleurs fait observer l'ancien Secrétaire d'État à l'outre-mer, M. Yves Jego, lors de son audition par la mission commune d'information.
? Il existe aussi certains obstacles de nature politique . Ainsi, dans la zone de l'océan Indien, la souveraineté française est parfois contestée, comme on peut l'observer à propos de Mayotte, avec les Comores, ou les Terres australes et antarctiques françaises, avec l'île Maurice. Il existe également des difficultés en matière de délimitation de zones de pêche.