I. PRÉSENTATION DES CRÉDITS POUR 2000
A. LES GRANDES MASSES DU BUDGET URBANISME ET LOGEMENT POUR 2000
Pour
2000, le budget de l'urbanisme et du logement progresse de 6% pour
s'établir à 48,196 milliards de francs.
Toutefois, la clôture de deux comptes d'affectation spéciale, le
compte n°902-22 "Fonds pour l'aménagement de l'Ile-de-France" et le
compte n°902-30 "Fonds pour le financement de l'accession à la
propriété" entraîne la réintégration
d'importantes masses de crédits.
Aussi, à structure constante, le budget de l'urbanisme et du logement
est en réalité en baisse de 2,3%.
Evolution du budget du logement 1999/2000 (à structure constante)
|
Budget voté 99 |
PLF 2000 |
Evolution
|
|||
|
AP |
DO/CP |
AP |
DO/CP |
AP |
CP |
TITRE III |
|
34 |
|
109 |
|
220,6% |
TITRE IV |
|
35.498 |
|
35.252 |
|
-0,7% |
total dépenses ordinaires |
0 |
35.532 |
0 |
35.361 |
0 |
-0,5% |
TITRE V |
269 |
261 |
267 |
164 |
-0,74% |
-37,2% |
TITRE VI |
13.660 |
13.545 |
13.209 |
12.671 |
-3,30% |
-6,5% |
total dépenses en capital |
13.929 |
13.806 |
13.476 |
12.835 |
-3,25% |
-7,0% |
TOTAL |
13.929 |
49.338 |
13.476 |
48.196 |
-3,25% |
-2,3% |
(en millions de francs)
La présentation du budget de l'urbanisme et du logement à structure constante montre une diminution globale des crédits pour 2000 (- 2,3 % en DO+CP) nettement plus accentuée pour les dépenses en capital (- 7,0 % en crédits de paiement) que pour les dépenses ordinaires (- 0,5 %).
1. Les modifications de structure
Après la refonte des fascicules budgétaires et le
regroupement des crédits de l'urbanisme et des crédits du
logement en 1999,
le budget de l'urbanisme et du logement connaît
encore cette année d'importantes modifications de structure.
La suppression du compte d'affectation spéciale n° 902-22
"fonds pour l'aménagement de l'Ile-de-France" (FARIF) s'accompagne de
l'intégration d'une grande partie de ses crédits dans le budget
du
logement. Au total, 635 millions de francs de crédits de
1999, en autorisations de programme et crédits de paiement, sont
intégrés au budget du logement en 2000.
Crédits du FARIF en 1999 intégrés au budget du logement en 2000
(en millions de francs)
|
AP |
CP |
FARIF (ancien) |
Chap 55-21 (art 30) Urbanisme, acquisitions et travaux |
120 |
120 |
chap 02 - art 10 |
Chap 57-30 (art 60) construction, logement, habitat et urbanisme |
25 |
25 |
chap 06-art 10 |
Chap 65-23 (art 60) Urbanisme, aménagements du cadre de vie urbain |
30 |
30 |
chap 02 - art 20 |
Chap 65-48 (art 20) Construction et amélioration de l'habitat |
460 |
460 |
chap 01 - art 10 |
TOTAL |
635 |
635 |
|
Des
crédits consacrés aux
études et expertises
du
secrétariat général du groupe central des grandes
opérations d'urbanisme sont transférés du budget des
services communs vers le budget de l'urbanisme et du logement pour 2 millions
de francs en autorisations de programme et crédits de paiement (chapitre
57-30).
Des crédits consacrés aux
villes nouvelles
, qui
représentaient 108 millions de francs en crédits de paiement
et 80 millions de francs en autorisations de programme en 1999, sont
transférés du budget des charges communes vers le budget du
logement (chapitre 65-23).
Enfin, des crédits autrefois inscrits sur le
compte d'affectation
spéciale n° 902-30 "Fonds pour le financement de l'accession
à la propriété"
sont inscrits sur le budget du
logement. Il s'agit des crédits destinés aux prêts sans
intérêt. Ces crédits représentaient 3,13 milliards
de francs en 1999.
Total des crédits de 1999 transférés au budget du logement en 2000
|
AP |
CP |
FARIF |
635 |
635 |
Transfert du budget des charges communes (villes nouvelles)
|
80
|
108
|
Transfert du financement des prêts sans intérêt |
0 |
3.130 |
TOTAL (en millions de francs) |
717 |
3.875 |
2. Les crédits du budget "logement et urbanisme"
a) Les dépenses ordinaires
Les
dépenses ordinaires s'élèvent à 35,3 milliards de
francs, en diminution de 0,5% pour 2000.
Cette diminution s'explique par les économies réalisées
sur les aides personnelles au logement
. Le titre III connaît une
évolution singulière (+220%) en raison de l'inscription sur ce
titre, traditionnellement très peu doté (les crédits de
fonctionnement du secrétariat d'Etat au logement sont inscrits au budget
des services communs), de nouveaux crédits destinés à la
lutte contre le saturnisme au nouveau chapitre 37-40 (+75 millions de
francs).
b) Les dépenses en capital
Les
dépenses en capital
, s'élèvent à 12,8 milliards
de francs en crédits de paiement, en baisse de 7,0% par rapport à
1999.
Cette forte diminution s'explique essentiellement par la baisse des
crédits du titre VI, à structure constante, et plus
particulièrement,
par l'inscription sur le budget du logement de
nouveaux crédits destinés au prêt à taux
zéro
, crédits autrefois inscrits sur un compte d'affectation
spéciale. Ces crédits seront réduits de 375 millions de
francs en crédits de paiement et 450 millions de francs en autorisations
de programme.
Les crédits consacrés à la construction sociale (ligne
dite "fongible" finançant les prêts locatifs aidés et les
primes à la réhabilitation PALULOS) sont également en
baisse de 312,5 millions de francs en crédits de paiement, afin de tenir
compte de la sous-consommation des crédits. Il faut rappeler que
l'arrêté du 2 septembre 1999 a annulé 334,6 millions de
francs en autorisations de programme et 169,6 millions de francs en
crédits de paiement sur le chapitre 65-48.
Le titre V, consacré aux investissements exécutés par
l'Etat, diminue fortement (-37,2%) surtout en raison de l'inscription
réduite des crédits de paiement pour les acquisitions d'immeubles
et les opérations en Ile de France, figurant anciennement au FARIF.
Il apparaît toutefois que les crédits non
dépensés sur le FARIF en 1999 seront rattachés en cours
d'année 2000 au budget du logement, ce qui mettra à niveau des
dotations qui apparaissent réduites dans le projet de loi de finances.
Il n'est toutefois pas encore possible de connaître le montant exact de
ces crédits.
B. LES AGRÉGATS
Le budget du ministère de l'urbanisme et du logement se divise en cinq agrégats: "aides à la personne", "logement", "études, expérimentation, information", "recherche", "aménagement foncier et urbanisme".
|
Crédits demandés en 2000
|
|
|
DO + CP |
AP |
Aides à la personne |
35.065 |
- |
Logement |
12.522,3 |
12.953,6 |
Études, expérimentation, information |
136,2 |
104,3 |
Recherche |
174,5 |
38,5 |
Aménagement foncier et urbanisme |
297,6 |
379,7 |
TOTAL |
48.195,7 |
13.476 |
1. Les aides à la personne
•
La contribution de l'Etat au financement des aides à la personne,
aide personnalisée au logement (APL) et allocation de logement sociale
(ALS), est réduite de 283,9 millions de francs pour 2000
(- 0,8 %), à 34,3 milliards de francs. Cette diminution
résulte entièrement d'un ajustement aux besoins des
bénéficiaires.
La contribution de l'Etat aux aides à la personne évolue comme
suit :
•
la contribution au FNH, qui verse l'APL, diminue de
753,9 millions de francs (chapitre 46-40/10), pour atteindre 15,8
milliards de francs;
•
la contribution au FNAL, qui verse l'ALS, progresse de
470 millions de francs, pour atteindre 18,5 milliards de francs
(chapitre 46-40/30) ;
Cette évolution n'a toutefois pas de grande signification
.
En
effet, il apparaît que les dotations des deux fonds étaient mal
évaluées pour 1999, ce qui explique des réajustements en
2000.
La difficulté d'évaluer les dotations nécessaires aux deux
fonds renforce la pertinence du jugement exprimé par la Cour des comptes
dans son rapport sur l'exécution de la loi de finances pour 1998
"la complexité d'un système dans lequel deux fonds
différents, mais de même composition, gèrent deux aides
parallèles pendant que l'un d'eux verse une participation à
l'autre, ne semble pas justifié. On peut regretter que le
ministère n'ait pas réfléchi à l'hypothèse
d'un regroupement de ces deux fonds, qui donnerait plus de clarté
à la répartition des dépenses de l'Etat entre allocation
de logement social et aide personnalisée au logement".
• L'effort de solidarité en faveur du logement des personnes
modestes se complète de trois contributions aux actions des
départements et des associations:
- 0,548 milliard de francs pour les
fonds de solidarité pour le
logement
(FSL), soit une diminution de 0,4 % après la forte
hausse de 1999 (+61,7 %). La dotation pour les FSL eux-mêmes est
stable à 490 millions de francs, alors que celle pour les
associations qui louent à des personnes défavorisées sera
légèrement réduite.
- 0,170 milliard de francs pour
l'aide au logement temporaire
, soit une
progression de 40 millions de francs (+30,7 %). Cette progression
résulte uniquement des moyens nouveaux destinés à financer
les aides à la gestion des aires de nomades.
- 2 millions de francs pour les
fonds d'aide aux accédants en
difficulté
(ceux qui avaient souscrit des prêts à
l'accession à la propriété à taux
élevé de 1980 à 1985), en diminution de 3 millions de
francs (- 60 %) du fait d'un ajustement aux besoins.
La progression des dotations pour les personnes défavorisées
(+ 35 millions de francs) résulte ainsi des
moyens nouveaux
pour les aires de nomades
et d'un ajustement des crédits à la
baisse pour 5 millions de francs, qui tient compte de l'évolution des
besoins. On peut observer que la poursuite de la mise en oeuvre des mesures de
la loi sur les exclusions n'a donc pas de nouvel impact budgétaire sur
les aides à la personne pour 2000.
2. Le logement
Cet
agrégat regroupe les
aides à la pierre
, plus
particulièrement concentrées sur le chapitre 65-48 (construction
et amélioration de l'habitat). L'agrégat progresse de 29,7 %
en crédits de paiement (à 12,5 milliards de francs), et reste
stable en autorisations de programmes (à 12,9 milliards de francs).
Toutefois, il faut tenir compte de la rebudgétisation totale du
prêt à taux zéro pour 1999 : à structure constante,
les crédits reculent de 2,7%.
Au total, l'accession à la propriété
bénéficiera de 5,88 milliards de francs de crédits de
paiement en 1999 contre 6,26 milliards de francs en 1999 et 6,63 milliards de
francs en 1998.
En deux ans, sans modification de droits, la diminution
des taux d'intérêt devrait donc permettre de réaliser 750
millions de francs d'économies.
Cette dotation devrait servir au financement de 110.000 prêts à
taux zéro, comme en 1999. En raison de la diminution des taux
d'intérêt, le coût budgétaire moyen du prêt est
tombé de 59.943 francs en 1997 à 56.300 francs en 1998 (soit,
pour 110.000 prêts, un total de 6,19 milliards de francs).
Il convient
toutefois que le mouvement de diminution du coût moyen du prêt se
poursuive pour que la dotation prévue pour 2000 soit suffisante pour
répondre à la demande.
•
La
ligne fongible
prêts locatifs
aidés - primes à l'amélioration des logements
à usage locatif et à occupation sociale (PLA-PALULOS),
destinée à la construction et à la réhabilitation
des HLM (chapitre 65-48/10) est stable en autorisations de programme, mais
significativement réduite en crédits de paiement (-10,8%), pour
atteindre 2,57 milliards de francs
.
Le gouvernement prévoit ainsi de financer 70.000 logements, soit un
programme légèrement moins ambitieux que ceux de 1998 et 1999
(80.000 logements), mais en tout cas plus réaliste, puisque
seulement 51.000 logements ont finalement été
réalisés en 1998. Ce programme de construction doit être
complété par la distribution de 120.000 PALULOS.
Rappelons que, d'autre part, pour 2000, des crédits anciennement au
compte du fonds pour l'aménagement de l'Ile de France (chapitre 01-art
10 "subventions au titre d'acquisitions foncières pour
l'implantation de logements locatifs") sont réintégrés au
chapitre 65-48/20 pour 385 millions de francs en autorisations de
programme et 146,5 millions de francs en crédits de paiement. Ce
chapitre du FARIF ayant connu d'importants reports de crédits les
années précédentes (745 millions de francs reportés
en 1997, 891 millions de francs en 1998), il est vraisemblable que
d'importants crédits complémentaires pourront être
rattachés au cours de l'année 2000.
•
La ligne destinée au
financement des
opérations les plus sociales
(notamment les logements d'urgence) est
dotée de 290 millions de francs de crédits de paiement, soit une
légère progression par rapport à 1998 (+2,6 %).
•
Les dotations
pour la résorption de l'habitat
insalubre
sont, en revanche, de nouveau en forte baisse (-23 %). A
l'origine, les actions de résorption du saturnisme prévues dans
la loi d'orientation relative à la lutte contre les exclusions devaient
être financées sur le chapitre 65-48/70. Les premières
dépenses étant pour l'essentiel des dépenses de
diagnostics, de travaux d'entretien et de contrôles, il a finalement
été décidé d'individualiser les aides à la
lutte contre le saturnisme sous un chapitre spécifique au titre III
(chapitre 37-40).
•
Les crédits de la
prime à
l'amélioration de l'habitat
(PAH) sont maintenus à 800
millions de francs en autorisations de programme, mais progressent sensiblement
en crédits de paiement à 800 millions de francs (+4,5%).
•
La subvention d'investissement (AP) à l'
agence
nationale pour l'amélioration de l'habitat
(ANAH) est stable
à 2,2 milliards de francs et progresse légèrement
à 2,2 milliards de francs en crédits de paiement (+2,8%).
3. Les études, expérimentation, information
Ce poste
progresse de 7,9% en crédits de paiement pour atteindre 136,2 millions
de francs.
Il concerne principalement
la subvention aux agences d'information sur le
logement
(stable à 33,5 millions de francs), mais également
l'ensemble des études menées par la nouvelle direction
générale et le Plan Urbanisme
,
Construction,
Architecture
dans les secteurs de l'urbanisme et du logement.
4. La recherche
Cet agrégat concerne essentiellement les subventions au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et les moyens de fonctionnement et d'investissement mis en oeuvre par le Plan urbanisme construction et architecture (PUCA), soit au total 174,5 millions de francs (+1,1%).
5. L'aménagement foncier et l'urbanisme
Cet
agrégat progresse de 101 millions de francs en 2000, pour atteindre
297,6 millions de francs (+51,6%).
Cette progression résulte entièrement de l'inscription des
crédits consacrés au différé d'amortissement et
à la subvention d'équilibre versés par l'Etat aux
collectivités support des villes nouvelles
, auparavant inscrits sur
le budget des charges communes et transférés en gestion sur le
budget de l'urbanisme.