Appartenance politique :
Groupe Socialiste
État civil :
Né en 1910
Décédé le 16 septembre 1973
Profession :
Interprète
Département :
Cameroun
IVème République

Ancien sénateur de la IVe République

Elu le 10 février 1947
Elu le 14 novembre 1948
Fin de mandat le 18 juin 1955 (Non réélu(e))

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958


OKALA (Charles)

Né en 1910 à Bilomo (Cameroun)

Décédé le 16 septembre 1973 à Paris

Conseiller de la République puis sénateur du Cameroun de 1947 à 1955

Charles Okala, ancien séminariste ayant suivi des études générales et religieuses secondaires, connaît au Cameroun une longue carrière de fonctionnaire avant d'être élu au Conseil de la République.

Il occupe de très nombreux postes dans la fonction publique camerounaise. Il commence sa carrière comme moniteur de l'enseignement privé en 1931. Parmi ses postes successifs, les plus significatifs sont ceux de comptable auxiliaire à la direction des finances, qu'il occupe de 1933 à 1939, et de commis titulaire des services civils et financiers à la direction des finances, en 1939-1940. Il retrouve ce poste en octobre 1946, pour quelques mois seulement puisqu'il est mis en disponibilité le 10 février 1947, jour de son élection au Conseil de la République.

Entretemps, il est premier secrétaire à la subdivision de Bafia en 1940, puis à la région du M'Bam de 1940 à 1945. Après la guerre, il devient secrétaire du tribunal du second degré et greffier près la justice de paix à compétence ordinaire de Bafia, puis commis greffier près la justice de paix à compétence correctionnelle limitée de Bafia, en 1945 et 1946.

Parallèlement à ces fonctions, il a une importante activité politique et associative, ainsi qu'une activité agricole de planteur de cacao et d'ignames. Conseiller de la section CGT de la région du M'Bam, il est élu secrétaire de la commission de rédaction des revendications des fonctionnaires du Cameroun en février 1939, puis délégué du Cameroun à la Conférence africaine de Bamako (section UNICAFRA), le 6 octobre 1946. Enfin, le 19 janvier 1947, il est élu délégué à l'Assemblée représentative du Cameroun pour la région du M'Bam.

Il est par ailleurs premier président de l'Association des anciens séminaristes du Cameroun (de 1937 à 1940), secrétaire-adjoint de la Jeunesse camerounaise-française, section de Yaoundé, puis président pour la section du M'Bam (de 1940 à 1945), et président de la fédération sportive de la région de M'Bam.

Elu conseiller de la République le 10 février 1947, réélu le 14 novembre 1948, il siège principalement à la commission des pensions (pensions civiles et militaires et victimes de la guerre et de l'oppression), de 1946 à 1952, et à la commission de la France d'outre-mer, de 1948 à 1955, dont il est vice-président en 1952. Il siège également à la commission du suffrage universel (1946-1947), à la commission du travail et de la sécurité sociale (1949), et à la commission des affaires économiques (1954 et 1955).

Charles Okala effectue un important travail pour le Conseil, et prend souvent la parole. Il dépose notamment de nombreuses propositions de résolutions, toujours pour demander au Gouvernement de prendre en compte les Français d'outre-mer.

Il dépose ainsi trois propositions de résolution en 1947, dans les mois qui suivent son élection. Il y demande au Gouvernement, d'une part de proroger le bénéfice de l'attribution des décorations pour faits de guerre ou de résistance au profit des habitants des territoires d'outre-mer, d'autre part d'appliquer strictement et immédiatement la Constitution d'octobre 1946 dans ces territoires, enfin d'encourager l'art indigène au Cameroun, en vue de « sauver et de remettre en honneur les traditions artistiques de ce territoire ».

De même, il dépose en 1948 une proposition de résolution tendant à la création en Afrique occidentale française, en Afrique équatoriale française, au Togo et au Cameroun d'une cantine scolaire pour les classes primaires, secondaires et techniques. Il dépose également, au nom de la commission de la France d'outre-mer, un rapport sur la proposition de résolution concernant le développement du cinéma éducatif et d'enseignement dans les territoires d'outre-mer.

Ses interventions à la tribune du Conseil concernent essentiellement les questions touchant à son pays d'origine et à l'ensemble des territoires d'outre-mer. Il s'agit bien sûr des discussions du budget du ministère de la France d'outre-mer (1950, 1951 et 1953). En 1946-47 et en 1949, il intervient dans des discussions de fixation du budget des dépenses militaires, notamment à propos de la situation de la gendarmerie au Cameroun.

Charles Okala tente de doter les territoires d'outre-mer d'assemblées locales. Ainsi, il dépose en 1953 une proposition de loi tendant à instituer au Cameroun, sous la tutelle de la France, une assemblée à pouvoirs législatifs et des conseils de collectivités administratives. Il intervient en 1950 dans la discussion du projet de loi relatif à l'assemblée représentative territoriale de la Côte française des Somalis, et l'année suivante dans la discussion du projet de loi relatif aux assemblées locales dans les territoires d'outre-mer.

Il prend encore part aux discussions relatives à la politique économique dans les départements et territoires d'outre-mer (1949), à l'institution d'un code du travail dans ces territoires (1951), à l'aide à l'exportation des produits des territoires d'outre-mer (1953), et à la promulgation dans ces territoires de l'article 340 du code civil relatif à la déclaration judiciaire de la paternité hors mariage (1946-47) ; il profite de cette dernière discussion pour faire un exposé de la situation pénible des hommes de couleur dans les territoires de l'Union française.

En 1952, il pose cinq questions orales au ministre de la France d'outre-mer, au sujet du statut des administrateurs de la France d'outre-mer, afin de rectifier certaines dispositions réglementaires dans un sens qui leur serait plus favorable.

Siégeant à la commission des pensions, il intervient à plusieurs reprises au sujet de l'amélioration de la situation des anciens combattants et victimes de guerre (en 1948 et 1950). Il prend encore part aux discussions sur l'aménagement de la réglementation des charges et l'élection des conseillers de la République (1948).

Charles Okala est battu aux élections de 1955. Son activité au Conseil de la République cesse donc le 4 juillet 1955.

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Ve République

OKALA (Charles)

Né le 9 octobre 1910 à Bilomo (Cameroun)

Décédé le 16 septembre 1973 à Paris

Conseiller de la République puis sénateur du Cameroun de 1947 à 1955

(Voir première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome 5, p. 552-553)

Représentant le Cameroun au Conseil de la République depuis 1947, Charles Okala sollicite le renouvellement de son mandat lors des élections sénatoriales du 4 juillet 1955. Mais le candidat de la SFIO ne réunit que 10 voix sur 35 suffrages exprimés. Il est ainsi battu par l'autre socialiste sortant, Arouna N'Joya, qui obtient 25 voix, et par Pierre Kotouo, candidat indépendant d'outre-mer, qui recueille 19 voix.

Après cet échec électoral, il s'investit pleinement dans la vie politique camerounaise. Il est ainsi conseiller (1956-1957) puis député (1957-1960) à l'Assemblée législative du Cameroun. En 1959, il prend part à la fondation du Parti socialiste camerounais dont il devient le principal dirigeant.

C. Okala occupe également plusieurs fonctions ministérielles : il est ministre des Travaux publics, des transports et des mines de 1958 à 1959, ministre de la Justice de 1959 à 1969 et ministre des Affaires étrangères de 1960 à 1961. Il est ainsi le premier ministre des Affaires étrangères du Cameroun, dont l'indépendance a été proclamée le 1er janvier 1960. C'est à ce titre qu'il signe à Yaoundé, le 13 novembre 1960, avec le ministre français des Affaires étrangères, Maurice Couve de Murville, un traité de coopération entre le Cameroun et la France.

En mai 1962, C. Okala crée un regroupement de partis, le Front national unifié, avec trois autres dirigeants de l'opposition : André-Marie Mbida, ancien premier ministre du premier gouvernement du Cameroun et chef du Parti des démocrates camerounais, Marcel Bebey Eyidi, secrétaire général du Parti travailliste camerounais, et Théodore Mayi Matip, leader de l'Union des populations du Cameroun. Le Front national unifié vise à s'opposer au projet du président de la République, Ahmadou Ahidjo, d'un parti national unifié, dans lequel les opposants dénoncent un risque de dérive dictatoriale.

En réaction à cette opposition, C. Okala et les trois autres leaders politiques sont arrêtés le 29 juin 1962. Ils sont condamnés en première instance en juillet 1962 à une peine de trente mois de prison et à une amende de 250 000 francs C.F.A. pour « incitation à la haine contre le gouvernement et encouragement aux entreprises de subversion. » Leur peine est ensuite aggravée en appel en décembre 1962 à trois ans de prison et 500 000 francs C.F.A.

Libéré en juin 1965, C. Okala doit accepter la dissolution du Parti socialiste camerounais. Il rejoint ensuite l'Union nationale camerounaise, fondée en 1966 par A. Ahidjo.

En 1968, il est nommé ambassadeur itinérant du président de la République camerounaise. Mais en 1972 il tombe à nouveau en disgrâce.

Il s'éteint le 16 septembre 1973 à Paris à l'âge de soixante-deux ans.

Sources

Archives du Sénat : dossier personnel de sénateur.

Bibliographie

Delancey (Mark), Historical dictionary of the Republic of Cameroon, Lanham Scarecrow Press, 5e édition, 2019.

Kamé (Bouopda Pierre), Cameroun, du protectorat vers la démocratie. 1884-1992, Paris, L'Harmattan, 2008.

Extrait de la table nominative

Résumé de l'ensemble des travaux parlementaire
de Charles OKALA

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