Projet de loi de finances pour 2002 - Tome XIII : Routes et voies navigables
GRUILLOT (Georges)
AVIS 89 - TOME XIII (2001-2002) - COMMISSION DES AFFAIRES ECONOMIQUES
Rapport au format Acrobat ( 173 Ko )Table des matières
- INTRODUCTION
-
CHAPITRE IER -
LES GRANDES DONNÉES BUDGÉTAIRES -
CHAPITRE II -
LES ROUTES-
I. LE SECTEUR AUTOROUTIER : BILAN ET PERSPECTIVES
- A. BILAN DU SCHÉMA DIRECTEUR ROUTIER NATIONAL DE 1992
- B. MISE EN SERVICE D'AUTOROUTES
- C. LA REPARTITION DES FINANCEMENTS DES AUTOROUTES CONCÉDÉES
- D. LES ÉTUDES PRÉPARATOIRES PRÉALABLES À LA MISE EN CHANTIER DES NOUVELLES AUTOROUTES CONCÉDÉES
- E. LE SECTEUR CONCÉDÉ ET LES CONTRATS DE PLAN
- F. LE SECTEUR NON CONCÉDÉ
- II. LES PÉAGES
- III. L'ACTIVITÉ DE LA CAISSE NATIONALE DES AUTOROUTES
- IV. LE STATUT DES PROFESSIONNELS DU TRANSPORT ROUTIER
- V. LA SITUATION DU TRANSPORT ROUTIER DE MARCHANDISES
- VI. LES SCHÉMAS DE SERVICES COLLECTIFS DE TRANSPORTS DE VOYAGEURS ET DE MARCHANDISES
-
VII. LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE
- A. LES ACTIONS MENÉES SUR LES COMPORTEMENTS DES USAGERS DE LA ROUTE EN 2000.
-
I. LE SECTEUR AUTOROUTIER : BILAN ET PERSPECTIVES
-
CHAPITRE III -
LES VOIES NAVIGABLES - EXAMEN EN COMMISSION
N° 89
SÉNAT
SESSION ORDINAIRE DE 2001-2002
Annexe au procès-verbal de la séance du 22 novembre 2001
AVIS
PRÉSENTÉ
au nom de la commission des Affaires économiques et du Plan (1) sur le projet de loi de finances pour 2002 , ADOPTÉ PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
TOME XIII
ROUTES ET VOIES NAVIGABLES
Par M. Georges GRUILLOT,
Sénateur.
(1) Cette commission est composée de : MM. Gérard Larcher, président ; Jean-Paul Emorine, Marcel Deneux, Gérard César, Pierre Hérisson, Jean-Marc Pastor, Mme Odette Terrade, vice-présidents ; MM. Bernard Joly, Jean-Paul Émin, Patrick Lassourd, Bernard Piras, secrétaires ; MM. Jean-Paul Alduy, Pierre André, Philippe Arnaud, Gérard Bailly, Bernard Barraux, Mme Marie-France Beaufils, MM. Michel Bécot, Jean-Pierre Bel, Jacques Bellanger, Jean Besson, Claude Biwer, Jean Bizet, Jean Boyer, Mme Yolande Boyer, MM. Dominique Braye, Marcel-Pierre Cleach, Yves Coquelle, Gérard Cornu, Roland Courtaud, Philippe Darniche, Gérard Delfau, Rodolphe Désiré, Yves Detraigne, Mme Evelyne Didier, MM. Michel Doublet, Paul Dubrule, Bernard Dussaut, André Ferrand, Hilaire Flandre, François Fortassin, Christian Gaudin, Mme Gisèle Gautier, MM. Alain Gérard, François Gerbaud, Charles Ginésy, Francis Grignon, Louis Grillot, Georges Gruillot, Charles Guené, Mme Odette Herviaux, MM. Alain Journet, Joseph Kerguéris, Gérard Le Cam, Jean-François Le Grand, André Lejeune, Philippe Leroy, Jean-Yves Mano, Max Marest, René Monory, Paul Natali, Jean Pépin, Daniel Percheron, Ladislas Poniatowski, Jean-Pierre Raffarin, Daniel Raoul, Paul Raoult, Daniel Reiner, Charles Revet, Henri Revol, Roger Rinchet, Claude Saunier, Bruno Sido, Daniel Soulage, Michel Teston, Pierre-Yvon Trémel, André Trillard, Jean-Pierre Vial.
Voir
les numéros
:
Assemblée nationale
(
11
ème
législ.) :
3262
,
3320
à
3325
et T.A.
721
Sénat
:
86
et
87
(annexe n°
23
)
(2001-2002)
Lois de finances. |
INTRODUCTION
Mesdames, Messieurs,
L'ensemble des crédits affectés aux routes dans le projet de loi
de finances pour 2002 progressera de 4,7 % en autorisations de programme
(1,269 milliards d'euros) et de 18,8 % en crédits de paiement
(1,182 milliards d'euros).
Les dotations d'investissement du titre V (1,238 milliards d'euros en
autorisations de programme et 934 millions d'euros en crédits de
paiement), qui regroupent pour l'essentiel les dépenses d'investissement
sur le réseau routier national (518,2 millions d'euros en
crédits de paiement) et les dépenses d'entretien et de
réhabilitation (384,1 millions d'euros en crédits de
paiement) enregistrent une progression de 4,3 % en autorisations de
programme et de 19 % en crédits de paiement.
ÉVOLUTION DES CRÉDITS ALLOUÉS AUX ROUTES
(en millions d'euros)
|
2001 |
2002 |
Evolution
des autorisations de programme
|
Evolution
des crédits de paiement
|
||
|
Autorisations de programme |
Crédits de paiement |
Autorisations de programme |
Crédits de paiement |
||
Titre III |
- |
179,03 |
- |
211,09 |
- |
+ 17,9 |
Titre IV |
- |
16,62 |
- |
18,14 |
- |
+ 9,1 |
Titre V |
1 187,52 |
784,93 |
1 238,84 |
934,07 |
+ 4,3 |
+ 19,0 |
Titre VI |
24,81 |
15,18 |
30,33 |
19,47 |
+ 22,2 |
+ 28,3 |
Total général |
1 212,33 |
995,76 |
1 269,17 |
1 182,77 |
+ 4,7 |
+ 18,8 |
Source : ministère de l'équipement et des transports.
Ces
dotations financeront notamment la réalisation du volet routier des
contrats de plan.
Les crédits d'intervention affectés à l'entretien et
à la maintenance enregistrent une hausse de 3,34 % en passant de
173,8 à 179,4 millions d'euros.
Les dépenses d'investissement relatives à l'entretien
préventif des routes, au renforcement des ouvrages d'art, à la
réhabilitation des chaussées et aux aménagements de
sécurité des infrastructures progressent de 5 % en
autorisations de programme et de 1,4 % en crédits de paiement.
A la suite du dramatique accident du tunnel du Mont-Blanc survenu le
24 mars 1999, il a été décidé de
procéder à un contrôle de la sécurité des
ouvrages d'art de plus de 1000 mètres.
26,68 millions d'euros sont ainsi affectés à la
réhabilitation des tunnels et 61 millions d'euros à la
révision des ouvrages d'art en général.
En 2002, l'enveloppe consacrée à la lutte contre
l'insécurité routière devrait atteindre près de 100
millions d'euros, représentant une augmentation d'environ 8 % par
rapport à l'an passé.
Ces crédits seront principalement destinés au financement du
Conseil national de la sécurité routière, à
l'augmentation des moyens consacrés à la formation et à
l'évaluation des candidats, à l'embauche de 77 inspecteurs
et délégués du permis de conduire, ainsi qu'à la
sécurité des infrastructures.
L'effort apparent consenti en faveur des routes, en 2002, ne doit toutefois
pas faire illusion.
Même si la lutte contre l'insécurité routière
rencontre des succès louables, les augmentations des crédits
s'expliquent, d'une part, par la réintégration dans le budget des
quelque 0,4 milliards d'euros que le FITTVN consacrait aux routes et
interviennent, d'autre part, après la baisse de 17,7 % des
crédits des routes (-38,1 % pour les moyens de paiement
destinés au développement du réseau routier) dans le
budget 2001.
Il convient donc de « relativiser » ces apparentes
progressions des crédits routiers alors qu'il y a quelques mois à
peine, le Gouvernement présentait comme un grand succès le fait
d'avoir réduit de près de 10 points la part relative des
routes dans le volet routier des contrats de plan Etat-régions de la
nouvelle génération 2000-2006 !
En second lieu, des sommes extrêmement modestes seront consacrées
en 2002 par l'Etat aux voies navigables (80,8 millions d'euros en
AP ; 60,9 millions d'euros en CP).
Le grand projet fluvial Seine-Nord en est toujours au stade des études
préliminaires.
De nombreux parlementaires souhaiteraient que soit réexaminée la
décision d'abandonner le projet de liaison fluviale à grand
gabarit Rhin-Rhône en faisant valoir qu'il s'agit là du
« maillon manquant » entre l'Europe du Nord, l'Europe
danubienne et l'Europe méditerranéenne.
Ce dossier majeur ne devrait donc pas rester longtemps
« enterré ».
CHAPITRE IER -
LES GRANDES DONNÉES
BUDGÉTAIRES
Les
dotations « routières »
se
répartissent entre trois enveloppes inégalement pourvues.
L'agrégat n° 14 « développement du
réseau routier national
» finance les engagements
contractualisés de l'Etat (volets routiers des contrats
Etat-régions) et des programmes spécifiques d'aménagement
du territoire, à partir des crédits du budget
général de l'Etat et des participations locales rattachées
par voie de fonds de concours.
Sont également rattachées à cette catégorie les
dépenses financées par l'Etat pour les études en amont de
la déclaration d'utilité publique des autoroutes
concédées et les dépenses de fonctionnement des services
d'études techniques, services qui concourent aux études de
projet, à l'établissement des méthodologies et techniques
correspondantes et au développement d'innovations technologiques.
L'agrégat n° 15 « entretien et
réhabilitation du réseau routier national
» finance
cinq catégories de dépenses :
- l'entretien courant et la viabilité hivernale ;
- l'entretien préventif des chaussées ;
- la réhabilitation et les renforcements des chaussées et
ouvrages d'art ;
- les aménagements de sécurité (aménagements
de carrefours et virages dangereux, réduction des obstacles
latéraux, glissières...) visant à éliminer les
points d'accumulation d'accidents ;
- les subventions aux réseaux routiers autres que le réseau
national.
Enfin,
l'agrégat n°16 « sécurité
routière et exploitation de la route
»
bénéficiera de 54,6 millions d'euros en moyens de paiement
et de 38,3 millions d'euros en autorisations de programmes.
Le budget de la sécurité et de la circulation routière
retrace l'effort financier de l'Etat dans sa lutte contre
l'insécurité routière.
La politique d'exploitation routière poursuit, quant à elle,
quatre objectifs :
- l'accroissement de la sécurité des déplacements,
notamment par des équipes de surveillance et d'intervention sur les axes
les plus perturbés et par des équipements d'alerte, de
sécurité ;
- l'amélioration du service rendu aux usagers notamment par une
meilleure information avant et pendant le voyage (serveurs
télématiques, radios, panneaux à message
variable,...) ;
- une meilleure répartition de la circulation dans le temps et sur
les différents réseaux et réduire ainsi le nombre
d'encombrements par des mesures de gestion de trafic et par l'information ;
- l'optimisation de l'usage des infrastructures en les utilisant au
maximum de leur capacité et en différant ainsi certains
investissements.
Les
voies navigables
resteront, en 2002, le « parent
pauvre » du budget des transports avec une dotation globale de
63,4 M€ en crédits de paiement et de 84,1 M€ en
autorisations de programme.
Au titre IV, les crédits « interventions en faveur de la
batellerie » s'élèveront à 762.200 euros,
dont 457.320 euros pour les allocations de départ en retraite des
bateliers et 304.880 euros pour les mesures en faveur des entreprises de
transport fluvial.
Au titre V, des crédits d'un montant de 2,590 M€ en
autorisations de programme et de 1,737 M€ en crédits de
paiement seront destinés aux voies gérées par l'Etat pour
des travaux de restauration, notamment sur les écluses du canal du Havre
à Tancarville et du canal Dunkerque-Valenciennes ainsi que sur les
canaux du Rhône à Marseille et à Fos.
Au titre VI, les crédits de 80,798 M€ en autorisations de
programme et de 60,979 M€ en crédits de paiement concerneront
des opérations réalisées par Voies navigables de France
(VNF) qui prévoit :
- la poursuite des opérations inscrites dans les contrats de plan
Etat-VNF-régions 2000-2006 et les grands programmes
interrégionaux, notamment Seine-Oise et le projet de territoire
Saône-Rhin ;
- la poursuite du programme de restauration et de modernisation du
réseau, entreprise depuis 1997, priorité étant
apportée aux voies qui assurent l'essentiel du trafic de marchandises.
CHAPITRE II -
LES ROUTES
I. LE SECTEUR AUTOROUTIER : BILAN ET PERSPECTIVES
A. BILAN DU SCHÉMA DIRECTEUR ROUTIER NATIONAL DE 1992
S'agissant des autoroutes interurbaines, le schéma
directeur
de 1992 prévoyait 9 535 km d'autoroutes de liaison et 2 582 km
de « liaisons assurant la continuité du réseau autoroutier
» (LACRA), c'est à dire d'autoroutes hors péage dont la
réalisation pouvait être phasée (première phase
à une chaussée ou sous forme de route express à 2 x 2
voies) compte tenu des contraintes budgétaires et des trafics attendus.
Au 1
er
mars 1992
(date de référence du
schéma), le réseau d'autoroutes de liaison en service comprenait
477 km d'autoroutes non concédées et 5 522 km
d'autoroutes concédées. 3.536 km supplémentaires
étaient programmés sous forme d'autoroutes
« généralement concédées ».
Au 1
er
juillet 2001, 7.769 km d'autoroutes de liaison
étaient effectivement en service, soit 81,5 % du linéaire total
planifié. 467 km étaient en travaux. A cette date, il restait 1
299 km à engager.
Par ailleurs, 1.020 km de LACRA étaient réalisés sous
forme d'autoroutes et 1.222 km provisoirement sous forme de 2 x 2 voies avec
statut de route express, soit au total 86,8 % du linéaire
prévu.
B. MISE EN SERVICE D'AUTOROUTES
1. Autoroutes mises en service en 2000 (131 km)
Régions Auvergne - Limousin
A 89 section Ussel ouest - Laqueuille (40 km) : mise en service le 4 mars 2000.
Cette section a constitué le premier tronçon ouvert à la
circulation dans la partie est de l'autoroute A89 Bordeaux - Clermont-Ferrand.
Régions Bourgogne - Centre
A 77 section Briare - Cosne-sur-Loire (33 km) : mise en service le 19 juin 2000.
Après la mise en service de la section Dordives - Briare en novembre
1999, cette section termine la liaison Dordives - Cosne-sur-Loire, qui permet
d'assurer le désenclavement de la Nièvre et le délestage
du trafic de l'autoroute A 6 et de la RN7 tout en revalorisant l'axe nord-sud
de Paris vers Lyon et le Massif central via Nevers.
Région Rhône-Alpes
A 43 Saint-Michel - Le Freney (14 km) : mise en service le 12 juillet 2000.
Cette section termine la desserte de la vallée de la Maurienne, assure
la continuité de l'autoroute A 43 et complète
l'itinéraire autoroutier jusqu'au tunnel du Fréjus.
Région Pays-de-Loire
A 28 sections Maresché - Le Mans nord et le Mans est - Ecommoy (44 km) :
mises en service le 27 octobre 2000. Ces sections constituent les premiers
tronçons ouverts à la circulation de l'autoroute A 28.
2. Autoroutes mises en service en 2001 (264 km)
Région Picardie
A 29 : Amiens - Saint-Quentin (63 km) : mise en service le
28 juin 2001. Cette section assure aussi les liaisons entre les
autoroutes A 1, A 16 et A 26.
Région Midi-Pyrénées
A 20 section Souillac - Cahors sud (46 km) : mise en service le 12 juillet
2001. Cette section est l'avant-dernière section de l'autoroute Brive -
Montauban, maillon de la liaison Paris-Toulouse.
Région Poitou-Charentes
A 83 section Oulmes - Niort (34 km) : mise en service le 21 juin
2001. Cette section correspond à la dernière phase des travaux du
tronçon Nantes - Niort de l'autoroute A 83, maillon de « la
route des estuaires ».
Région Centre
A 85 section Villefranche - Vierzon (23 km) : la mise en service est
prévue pour le 29 octobre 2001. Cette section correspond
à la première phase des travaux du tronçon Tours - Vierzon
de l'autoroute A 85.
Région Pays-de-Loire
A 28 section Arçonnay - Maresché (24 km) : mise en service le 22
juin 2001. Cette section est la dernière phase des travaux du
tronçon Alençon - Le Mans de l'autoroute A 28. Dans le même
temps, conformément aux dispositions du contrat de concession, la
déviation d'Alençon a été intégrée
dans la concession de COFIROUTE. Le tronçon Alençon - Le Mans
constitue le maillon ouest de la grande rocade du bassin parisien.
Régions Aquitaine-Limousin
A 89 Arveyres - Mussidan (74 km) : mise en service le 10 juillet 2001. Cette
section constitue le premier tronçon ouvert à la circulation dans
la partie ouest de l'autoroute A 89 Bordeaux - Clermont-Ferrand.
3. Autoroutes concédées en travaux au 30 juin 2001 (325 kilomètres)
Région Midi-Pyrénées
A 20 section Cahors sud - Cahors nord (23 km) : cette section, dont la mise en
service est prévue en 2003, constituera le dernier tronçon ouvert
à la circulation de la liaison Brive - Montauban.
A 66 Toulouse - Pamiers (40 km) : la section Toulouse - Pamiers, dont la mise
en service est prévue à l'horizon 2002, s'intègre dans le
grand itinéraire qui relie Paris à l'Espagne via Toulouse et le
tunnel du Puymorens, à travers les départements de la
Haute-Garonne et de l'Ariège.
Région Rhône-Alpes
A 432 Pusignan - Saint-Laurent-de-Mure (12 km) : les travaux de cette autoroute
ont débuté en février 2001. Cette section permettra de
contourner l'aéroport de Satolas - Saint-Exupéry par une voirie
concédée et aux normes autoroutières. Sa mise en service
est prévue en juin 2003.
Région Centre
A 85 section Bourgueil - Langeais (18 km) : cette section correspond à
la dernière phase des travaux du tronçon Angers - Tours de
l'autoroute A 85, qui est un maillon sud de la grande rocade du bassin parisien
et s'intègre aux futurs axes autoroutiers Nantes - Tours -
Orléans et Nantes - Tours - Vierzon.
A 85 section Villefranche - Saint-Romain (32 km) : cette section correspond
à la seconde tranche de travaux du tronçon Tours - Vierzon de
l'autoroute A 85, qui s'intègre au futur axe autoroutier Nantes - Angers
- Tours - Vierzon - Clermont-Ferrand - Lyon.
Région Pays-de-Loire
A 87 section Angers - Les Essarts (93 km) : cette section correspond à
la première phase des travaux de l'autoroute A 87 Angers - La
Roche-sur-Yon, qui doit assurer le désenclavement de la Vendée en
direction du nord-est.
Régions Aquitaine-Limousin
A 89 Bordeaux - Clermont-Ferrand : les sections Ussel ouest -
Saint-Germain-les-Vergnes (65 km) et Périgueux est - Thenon (32 km) sont
en travaux.
Région Ile-de-France
A 86 section Rueil-Malmaison - A 13 : cette section constitue la
première phase des travaux du tunnel est (environ 10 km) du projet A 86
ouest qui, en tant que maillon de l'A 86, périphérique de
l'Ile-de-France, doit constituer un itinéraire d'évitement de la
zone dense et faciliter les déplacements de banlieue à
banlieue.
C. LA REPARTITION DES FINANCEMENTS DES AUTOROUTES CONCÉDÉES
(en millions d'euros) |
2000 |
2001 |
2002 |
Opérations préliminaires |
22 |
25 |
14 |
Travaux de
constructions
|
1 131 |
999 |
851 |
Travaux complémentaires |
315 |
572 |
520 |
Immobilisations d'exploitation |
131 |
179 |
161 |
Siège |
30 |
36 |
30 |
TOTAL |
1 629 |
1 810 |
1 575 |
(en millions de francs) |
2000 |
2001 |
2002 |
Opérations préliminaires |
146 |
161 |
91 |
Travaux de
constructions
|
7 420 |
6 550 |
5 579 |
Travaux complémentaires |
2 063 |
3 754 |
3 408 |
Immobilisations d'exploitation |
861 |
1 173 |
1 054 |
Siège |
198 |
236 |
199 |
TOTAL |
10 688 |
11 874 |
10 331 |
Le tableau ci-dessous donne la répartition des financements de ces dépenses d'investissements :
(en millions d'euros)
Années |
Emprunts * |
Autofinancement |
Participations |
2000 |
1 301 |
102 |
56 |
2001 * |
1 429 |
- |
59 |
2002* |
1 348 |
- |
34 |
(en millions de francs)
Années |
Emprunts * |
Autofinancement |
Participations |
2000 |
8 535 |
666 |
366 |
2001 * |
9 371 |
0 |
388 |
2002* |
8 842 |
0 |
220 |
*prévisions
D. LES ÉTUDES PRÉPARATOIRES PRÉALABLES À LA MISE EN CHANTIER DES NOUVELLES AUTOROUTES CONCÉDÉES
Du 1
er
juillet 2000 au
31 juillet 2001, les opérations suivantes ont
été déclarées d'utilité publique ou
prorogées
:
- A 86 ouest Rueil-Malmaison - Versailles, décret de prorogation du
3 décembre 2000 ;
- A 29 sections Neufchâtel-en-Bray -Amiens et Quevauvillers-
Guignemicourt, décret du 26 décembre 2000 ;
- A 51 Grenoble - Col du Fau, décret du 2 janvier 2001 ;
- A 85 contournement nord de Langeais, décret du 3 janvier
2001 ;
- A 4 contournement sud de Reims, décret du 10 mai 2001 ;
- A 66 Toulouse - Pamiers, décret du 26 juillet 2001.
Au cours du premier semestre 2001, des procédures ont
également été engagées en vue de la prorogation des
effets des déclarations d'utilité publique des opérations
suivantes
:
- A 87 Angers - La Roche-sur-Yon, le décret de prorogation
devrait intervenir avant le 12 septembre 2001 ;
- A 585 antenne de Digne, le décret de prorogation devrait
intervenir avant le 17 septembre 2001 ;
- L'A 89 Balbigny - La Tour-de-Salvagny constitue un avant-projet
autoroutier ayant fait l'objet d'une décision ministérielle
d'approbation et dont la procédure de déclaration
d'utilité publique est amorcée.
Afin d'engager les procédures préalables à la
déclaration d'utilité publique, les études de niveau
avant-projet sommaire sont poursuivies sur les opérations
suivantes :
A 45 Lyon - Saint-Etienne ;
A 48 Ambérieu - Bourgoin-Jallieu ;
A 406 Contournement sud-est de Mâcon ;
A 650 Pau - Oloron-Sainte-Marie ;
A 9 Contournement de Montpellier ;
A 65 Langon - Pau ;
A 404 Prolongement de l'antenne d'Oyonnax ;
A 432 Les Echets - La Boisse.
Sont en cours d'examen les tracés d'un ensemble de projets :
le contournement autoroutier de Lyon ;
le tronçon central de la liaison Grenoble-Sisteron ;
le grand contournement de Strasbourg ;
Enfin, des études engagées sont menées sur les
opérations suivantes :
l'autoroute A 24 entre Amiens et la frontière belge ;
la traversée de l'aire urbaine de Cannes-Nice ;
la tangentielle nord - sud de Grenoble ;
E. LE SECTEUR CONCÉDÉ ET LES CONTRATS DE PLAN
En 1994
et en 1995 les premiers contrats de plan quinquennaux 1995-1999 entre l'Etat et
les sociétés concessionnaires d'autoroutes ont été
conclus. Ils ont été élaborés en concertation avec
les sociétés au sein des trois groupes nouvellement
constitués (SAPRR-AREA, AFS-ESCOTA, SANEF-SAPN), en ce qui concerne le
secteur d'économie mixte et avec COFIROUTE.
Le tableau suivant indique la date de signature de chaque contrat :
Contrats |
SAPRR/AREA |
ASF/ESCOTA |
SANEF/SAPN |
COFIROUTE |
Date de conclusion |
19/12/1994 |
27/04/1995 |
7/02/1995 |
6/12/1995 |
La
programmation de la période quinquennale 1995-1999 a prévu un
volume global d'opérations nouvelles de 72 milliards de francs
permettant d'engager, durant cette période, les travaux de quelque
1500 kilomètres d'autoroutes supplémentaires, dont la liste
figure dans les contrats de plan. Sur ces 72 milliards de francs, 47,9
milliards de francs ont concerné les trois pôles d'économie
mixte.
Le programme annuel de dépenses d'investissements et d'emprunts continue
d'être arrêté par le Gouvernement dans le cadre du
comité des investissements à caractère
économique et social
(CIES).
Les cahiers des charges des sociétés définissent
désormais les
règles de fixation des tarifs
de
péage dont les modalités d'évolution pour chaque
concessionnaire sont précisées dans les contrats de plan.
Le contrôle de l'Etat s'exerce a posteriori, par la vérification
du respect des règles tarifaires et des engagements pris. Ce nouveau
dispositif tarifaire a remplacé un régime administré de
fixation unilatérale des tarifs par la tutelle.
Pour l'ensemble des sociétés d'économie mixte, les
contrats de plan 1995-1999 ont fixé une évolution moyenne des
tarifs pour les véhicules légers égale aux
prévisions d'inflation (hors tabac) avec des différences
sensibles entre les sociétés, une évolution
légèrement supérieure étant prévue pour les
poids lourds.
Les engagements de travaux autorisés dans le cadre du CIES s'inscrivent
donc dans les prévisions des contrats de plan
Le pourcentage des dépenses réalisées varie, selon les
sociétés, en fonction de leurs plannings de chantiers et de
l'état d'avancement des projets d'une part, et de la recherche
d'économies dans leur réalisation d'autre part, ainsi que le
montre le tableau ci-après :
Sociétés |
Dépenses d'investissement
|
Dépenses d'investissement
|
Taux
de réalisation
|
||
SAPRR |
13 957 |
2 127,73 |
14 293 |
2 178,95 |
102,4 |
AREA |
3 141 |
478,84 |
2 358 |
359,47 |
75,1 |
ASF |
25 566 |
3 897,51 |
24 478 |
3 731,65 |
95,7 |
ESCOTA |
5 665 |
863,62 |
3 906 |
595,47 |
69 |
SANEF |
11 301 |
1 722,83 |
8 609 |
1 312,43 |
76,2 |
SAPN |
7 370 |
1 123,55 |
7 838 |
1 194,90 |
106,3 |
TOTAL |
67 000 |
10 214,08 |
61 482 |
9 372,87 |
91,8 |
On note
un décalage dans l'avancement des travaux pour plusieurs projets :
- la section centrale de l'autoroute A51 Grenoble - Sisteron, pour
laquelle il a paru indispensable de relancer des études dans une
approche globale sur l'arc alpin, ce qui a conduit à différer les
dépenses de construction de cet axe, initialement prévues aux
contrats de plan d'AREA et ESCOTA.
- l'autoroute A16, dont les conditions de débouché en
Ile-de-France ont été réexaminées, ce qui a eu pour
conséquence une diminution des dépenses prévues au contrat
de plan de la SANEF ;
- certains projets prévus aux contrats de plan des
sociétés SAPRR et SAPN, dont la mise au point a été
plus complexe que prévu.
F. LE SECTEUR NON CONCÉDÉ
Pour le
réseau non concédé, le volet routier des contrats
Etat-régions du XIème Plan -c'est à dire sur la
période 1994-1999- s'est élevé à 10 milliards
d'euros, dont 4,19 milliards d'euros de part « Etat ».
Ces montants comprenaient les programmes d'accélération qui
concernent notamment l'aménagement des trois grands axes
interrégionaux que sont :
- la « Rocade des Estuaires », autoroute gratuite
entre Caen, Rennes et Nantes ;
- la « Route Centre Europe Atlantique » entre
Mâcon et Chalon à l'Est et La Rochelle à l'Ouest, via
Montluçon, Limoges et Angoulême ;
- la RN88 entre Toulouse et Lyon.
A la fin de l'année 1999, les montants affectés dans le cadre du
volet routier des contrats ont représenté 81 % des montants
en part « Etat ».
Le taux d'avancement des programmes dits
d'« accélération » a été de
85 % en part Etat. Au total, le taux d'exécution de la
dernière génération de contrats de plan s'est
établi à 81,5 % à la fin de l'année 1999.
Lors du CIADT d'Arles du 23 juillet 1999, le gouvernement a
décidé d'affecter 33,446 MdF aux programmes routiers
contractualisés de la génération de contrats de plan
2000-2006 (XIIème Plan).
Ces programmes devraient mobiliser au total environ 123 milliards d'euros
sur sept ans.
Pour le gouvernement, le XIIème plan s'inscrit « dans la
continuité du plan précédent ».
Une plus grande importance sera accordée aux trois points suivants :
- la sécurité ; l'enveloppe correspondante devrait
être légèrement supérieure à 300M€ (pour
environ 150 millions d'euros en part Etat) ;
- l'amélioration du cadre de vie urbain ;
- la réduction des inégalités entre les
régions en terme de niveau de service.
Le XIIème Plan devrait poursuivre, toujours selon le
Gouvernement, l'aménagement des grandes liaisons de maillage et
d'aménagement du territoire essentielles à l'économie des
zones traversées.
Votre rapporteur pour avis constatera, pour sa part, que la part relative de la
route dans la nouvelle génération de contrats de plan a baisse de
près de 10 points. Nonobstant les déclarations officielles sur la
« poursuite du maillage », cette évolution majeure
ne pourra être sans conséquence.
MISES EN SERVICE 2001 SUR LE RÉSEAU NON CONCÉDÉ
Région |
Dpt |
Axe |
Opération |
Coût (MF) |
(M€) |
Kilomètres |
Date de mise en service |
Aquitaine |
33 |
A660 |
A 660 / RN 250 Aménagement progressif Mios-Arcachon (section Facture-Le Teich) |
121,7 |
18,55 |
12,80 |
30 juin 2001 |
Bretagne |
35 |
A84 |
Section Liffré - Saint Aubin |
268,0 |
40,86 |
8,90 |
2 mai 2001 |
Centre |
37 |
A85 |
Tours-Langeais - section 5 Tours-Druye (coût total y compris section 3) |
939,0 |
143,14 |
7,20 |
1er sem. 2001 |
Ile-de-France |
91 |
A6 |
Collecteurs de la Francilienne sur A6 |
434,0 |
66,16 |
3,00 |
1 juillet 2001 |
Ile-de-France |
93 |
A86 |
Elargissement sect. échangeur Cornillon/barreau liaison
A1/A86
|
205,0 |
31,25 |
2,00 |
mars 2001 |
total |
1 967,7 |
299,97 |
33,9 |
||||
dont: AR |
1 699,7 |
259,11 |
25,0 |
||||
LACRA |
268,0 |
40,86 |
8,9 |
II. LES PÉAGES
On sait
que depuis 1994, le contrôle de l'Etat ne s'exerce plus à travers
des autorisations annuelles mais, a posteriori, par la vérification du
respect des règles tarifaires et des engagements inscrits dans les
cahiers des charges des sociétés et dont les modalités
d'application sont reprises dans des
contrats de plan
liant les
sociétés concessionnaires à l'Etat.
En l'absence de contrat de plan, il est fait application du décret du
24 janvier 1995 relatif aux péages autoroutiers qui
prévoit que « jusqu'à la conclusion d'un contrat de plan
[...] les tarifs de péages sont fixés par arrêté
conjoint du ministre chargé de l'économie et du ministre
chargé de l'équipement, après consultation de la
société concessionnaire concernée ».
D'une manière générale, les hausses tarifaires sont
modulées :
- par classe de véhicules, pour parvenir à une meilleure
proportionnalité du péage aux coûts
générés par les différentes catégories
d'usagers ;
- par axe autoroutier, pour favoriser l'orientation des flux de trafic par
le péage, en rendant économiquement attractives les autoroutes
constituant des itinéraires alternatifs aux axes les plus
fréquentés.
Le taux moyen du péage nominal, applicable aux catégories les
plus élevées de poids-lourds, se calcule en appliquant au taux de
péage des véhicules légers un coefficient tarifaire ;
d'une valeur moyenne de 2,15 en 1995, ce coefficient a été
progressivement réévalué pour atteindre en moyenne 2,3 en
2000.
La loi de finances rectificative pour 2000 a abrogé les dispositions
régissant le régime spécifique de TVA concernant les
concessionnaires d'ouvrage de circulation routière ; en
conséquence, les recettes de péages, perçues en
contrepartie de l'utilisation de ces ouvrages, sont entrées dans le
droit commun des opérations soumises de plein droit à la TVA
à compter du 1
er
janvier 2001.
Le tableau ci-dessous retrace, depuis 1989, l'évolution comparée
de l'indice des tarifs de péage autoroutiers et de l'indice INSEE des
prix à la consommation en montrant que ces tarifs ont enregistré
une hausse relative particulièrement forte à partir de
1996.
Années |
Indice des tarifs de péage |
Indice INSEE des prix à la consommation |
1989 |
100.0 |
100.0 |
1990 |
100.0 |
103.4 |
1991 |
104.3 |
106.7 |
1992 |
107.2 |
109.3 |
1993 |
110.4 |
111.5 |
1994 |
112.9 |
113.3 |
1995 |
115.8 |
115.4 |
1996 |
119.4 |
116.9 |
1997 |
123.1 |
118.4 |
1998 |
126.3 |
119.4 |
1999 |
128.3 |
119.9 |
2000 |
130.6 |
120.8 |
2001 |
133.6 |
123.1 |
III. L'ACTIVITÉ DE LA CAISSE NATIONALE DES AUTOROUTES
En 2000,
le programme des emprunts émis par la Caisse Nationale des Autoroutes
(CNA) s'est élevé à 8,94MdsF.
La répartition de ce programme a été la suivante :
- 7,151 milliards de francs d'emprunts obligataires ;
- 1,791 milliard de francs d'emprunts auprès de la Banque
Européenne d'Investissement.
Le total des encours, au 31 décembre 2000, s'est
élevé à 138,24 milliards de francs.
En 2000, le montant des emprunts remboursés par la CNA s'est
élevé à 7,09 milliards de francs.
Le programme des emprunts autorisé pour 2001 par le Comité des
investissements à caractère économique et social (CIES) a
été arrêté à 1,814 milliard d'euros
(11,896 milliards de francs).
Le programme d'emprunts 2001 réalisé par la CNA au 30 juin
se compose de deux emprunts obligataires de respectivement 300 millions
d'euros (1,96 million de francs) et 600 millions d'euros
(3,93 milliards de francs), émis en mars et en juillet.
Il reste à réaliser au titre du programme ajusté un
financement de 568 M€ dont 345 M€ sous la forme d'emprunts
auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI).
Le programme restant à émettre en 2001, soit 914
millions d'euros, devrait se répartir de la façon
suivante :
- 569 millions d'euros en emprunts obligataires ;
- 45 millions d'euros en emprunts auprès de la BEI.
La prévision de remboursement d'emprunts en 2001 est de
1,304 milliard d'euros.
Le montant prévisionnel des dépenses d'investissements des
sociétés d'économie mixte concessionnaires d'autoroutes
pour 2002 a été arrêté à 1,317 milliard
d'euros hors taxes par le CIES de mai 2001.
Le volume des emprunts nécessaires pour mener à bien le programme
d'investissements pour les sociétés d'économie mixte
devrait atteindre 1,733 milliards d'euros.
En 2002, 1,366 M€ d'emprunts devraient être remboursés par la
CNA.
IV. LE STATUT DES PROFESSIONNELS DU TRANSPORT ROUTIER
a) Les transporteurs routiers et le droit communautaire
La
libéralisation du marché européen des transports routiers,
effective depuis le 1
er
juillet 1998, a
nécessité une harmonisation des conditions de la concurrence en
Europe.
Pour ce qui concerne
l'aménagement du temps de travail
des
conducteurs routiers, un projet de directive du Parlement européen et du
Conseil relatif à l'aménagement du temps de travail des personnes
exécutant à titre professionnel des activités
« mobiles » de transport routier est attendu. Ce texte
devrait comporter une définition précise du temps de travail,
dont il fixera la durée maximale à 60 heures au plus sur une
semaine isolée et à 48 heures hebdomadaires en moyenne sur
une durée de 4 mois.
S'agissant de la
formation professionnelle
, la Commission
européenne a adopté, le 2 février 2001, une proposition de
directive relative à la
formation des conducteurs routiers
professionnels
de marchandises ou de voyageurs, qui fait l'objet de
discussions dans le cadre des institutions européennes en vue de son
adoption par le Parlement européen et le Conseil de l'Union
européenne.
Pour ce qui concerne la lutte contre
l'emploi non conforme
à la réglementation sociale des Etats membres, de conducteurs en
provenance de
pays tiers
, la Commission conduit, depuis 1999, une
réflexion sur la possibilité de rendre obligatoire pour tout
conducteur conduisant un véhicule effectuant un transport couvert par
une autorisation communautaire, la possession d'une autorisation de conducteur,
délivrée par les autorités compétentes des Etats
membres, attestant que le conducteur est employé dans des conditions
régulières au regard du droit national applicable dans le pays
d'établissement de son employeur.
Elle a présenté le 23 novembre 2000 une proposition de
règlement modifiant le règlement (CEE) n° 881/92 du
Conseil concernant l'accès au marché des transports de
marchandises par route dans la Communauté exécutés au
départ ou à destination d'un Etat membre, ou traversant le
territoire d'un ou de plusieurs Etat membres, dans le but d'instaurer une
attestation de conducteur uniforme. Ce texte est en cours d'examen devant le
Conseil.
Enfin, la mise en oeuvre de
l'appareil de contrôle
électronique
qui devrait intervenir en 2003, devrait contribuer
à une meilleure application de la réglementation
européenne des
temps de conduite et de repos
pour l'ensemble des
conducteurs.
b) L'application de la loi du 6 février 1998
On se
rappelle que l'article 1er de la loi du 6 février 1998 a
institué une obligation de formation professionnelle initiale et
continue pour les conducteurs routiers. Cette obligation concerne tous les
conducteurs routiers professionnels, quels que soient leur statut et leur
secteur d'activité : salariés et non salariés, compte
d'autrui et compte propre, marchandises et voyageurs.
Depuis 1995 la formation professionnelle était déjà
obligatoire pour les
conducteurs salariés
du transport routier
public de marchandises, en application d'un accord collectif.
Par le décret d'application du 18 novembre 1998, les
conducteurs non salariés du transport routier public de marchandises se
sont vu appliquer un dispositif identique à celui en vigueur depuis 1995
pour les conducteurs salariés du même secteur d'activité.
En ce qui concerne les conducteurs salariés des autres secteurs
d'activité (transport routier de marchandises pour compte propre et
transport routier de voyageurs), la loi a privilégié l'approche
conventionnelle.
Ainsi, au 1er février 2001, vingt-quatre accords collectifs de branche
ont été conclus pour la mise en oeuvre de la formation
obligatoire initiale et continue des conducteurs routiers.
En application de la loi de 1998, le décret du
30 août 1999 relatif aux transports routiers de marchandises a,
plus généralement, constitué le
nouveau cadre
réglementaire
du secteur en traitant de tous les aspects de
l'activité du transport routier de marchandises, accès à
la profession, titres et documents de transport exigés tant en transport
national qu'en transport international, sous-traitance autorisée,
sanctions administratives et sanctions pénales encourues par les
entreprises en cas de non-respect de la législation ou de la
réglementation.
Ce décret transpose, par ailleurs, la directive européenne
n° 98-76 du 1
er
octobre 1998 qui
renforce les
règles d'accès à la profession
.
La réglementation du transport routier de marchandises, qui s'appliquait
auparavant aux entreprises utilisant des véhicules de plus de
3,5 tonnes, est étendue à toutes les entreprises de
transport public de marchandises, quel que soit le poids des véhicules
utilisés, dès lors qu'ils disposent de deux essieux.
Toutes les entreprises doivent, désormais, être inscrites au
registre des transporteurs et des loueurs, l'inscription étant
subordonnée à des conditions d'honorabilité
professionnelle, de capacité financière et de capacité
professionnelle.
La condition d'honorabilité professionnelle doit être satisfaite
dans les mêmes conditions par toutes les entreprises, y compris de
transport léger.
Les montants de capacité financière sont adaptés aux types
de véhicules utilisés par les entreprises, comme le
prévoit le dernier alinéa de l'article 36 de la LOTI.
Ils sont de 7.500 francs pour les véhicules n'excédant pas
3,5 tonnes de poids maximum autorisé (utilisés par les
entreprises dites de transport léger) et, pour les véhicules
excédant cette limite, de 60.000 francs pour le premier
véhicule et 33.000 francs pour chacun des véhicules suivants.
La condition de capacité professionnelle demeure identique à
celle existant auparavant pour les entreprises disposant de véhicules
excédant un poids maximum autorisé de 3,5 tonnes.
Le décret du 30 août 1999 a donné lieu à
huit arrêtés d'application :
- l'arrêté du 9 novembre 1999 relatif aux documents
de transport ou de location devant se trouver à bord des
véhicules de transport routier de marchandises ;
- l'arrêté du 15 novembre relatif aux commissions
consultatives pour la délivrance des attestations de capacité
professionnelle et des justificatifs de capacité professionnelle ;
- l'arrêté du 16 novembre 1999 relatif aux titres
administratifs de transport qui doivent être détenus par les
entreprises de transport résidant ou non en France ;
- l'arrêté du 17 novembre 1999 relatif à la
délivrance de l'attestation de capacité professionnelle et du
justificatif de capacité professionnelle permettant l'exercice des
professions de transporteurs publics routiers de marchandises et de loueur de
véhicules industriels avec conducteur destiné au transport de
marchandises ;
- l'arrêté du 18 novembre 1999 relatif à la
capacité financière requise pour les entreprises de transport
public routier de marchandises et les entreprises de location de
véhicules industriels avec conducteur destinés au transport de
marchandises ;
- l'arrêté du 19 novembre 1999 relatif à la
sous-traitance dans le domaine du transport routier de marchandises qui est
limitée par le décret du 30/08/99 à 15 % du chiffre
d'affaires annuel de l'entreprise de transport donneur d'ordres ;
- l'arrêté du 29 novembre 1999 relatif à la
composition du dossier de demande d'inscription au registre des transporteurs
et des loueurs ;
- l'arrêté du 21 décembre 2000 fixant les
modalités selon lesquelles sont accordées les dérogations
prévues par le décret du 30 août 1999 relatif aux
transports routiers de marchandises.
Enfin, l'article 14 de la loi du 6 février 1998 a
prévu que, pour la prise en compte des durées pendant lesquelles
le véhicule et son équipage sont à disposition en vue du
chargement et du déchargement, l'identification du véhicule
constituera le point de départ à partir duquel court le
délai de chargement et de déchargement.
Tous les contrats types ont, donc, été refondus :
- le contrat-type applicable aux transports publics routiers de
marchandises pour lesquels il n'existe pas de contrat type spécifique,
approuvé par le décret du 6 avril 1999 ;
- le contrat-type pour le transport public routier en citerne,
approuvé par le décret du 16 juin 2000 ;
- le contrat-type pour le transport public routier d'objets indivisibles,
approuvé par le décret du 16 juin 2000 ;
- le contrat-type applicable aux transports publics routiers de
marchandises périssables sous température dirigée,
approuvé par le décret du 12 février 2001 ;
- le contrat-type applicable aux transports publics routiers d'animaux
vivants, approuvé par le décret du 12 février 2001 ;
- le contrat-type applicable aux transports publics routiers de fonds et
de valeurs, approuvé par le décret du 19 juillet 2001 ;
- le contrat-type applicable aux transports publics routiers de
véhicules roulants, approuvé par le décret du 19 juillet
2001.
En outre, le décret du 19 juillet 2001 a approuvé le
contrat type applicable aux transports publics routiers de marchandises
exécutés par des sous-traitants.
Ces contrats-types comprennent un article sur l'identification du
véhicule sur les lieux de chargement ou de déchargement.
L'ensemble de ces mesures a permis, selon le Gouvernement, une réelle
reconstitution des marges de la profession en 2000 (+1,3 %) et au
début 2001.
V. LA SITUATION DU TRANSPORT ROUTIER DE MARCHANDISES
A. BILAN ANNUEL DU TRANSPORT ROUTIER DE MARCHANDISES EN 2000
1. L'activité routière
Mesuré en tonnes-kilomètres, le transport routier, effectué sur le territoire national par les véhicules français, a progressé de 1 % en 2000. Le transport pour « compte d'autrui » a affiché une meilleure croissance (+ 2,7 %) mais après une hausse de 7,7 % en 1999. Le transport au « compte propre » a enregistré, quant à lui, une diminution de 6,6 %.
TRAFICS ROUTIERS EFFECTUÉS PAR LES VÉHICULES IMMATRICULÉS EN FRANCE SUR LE RÉSEAU ROUTIER NATIONAL
|
Evolution en % |
Niveau 2000 |
||
|
1998/1997 |
1999/1998 |
2000/1999 |
Milliards de T-Kms |
Trafic routier total |
+3,4 |
+5,9 |
+1,0 |
203,0 |
dont
compte d'autrui
|
+7,2 |
+7,7 |
+2,7 |
154,5 |
dont
compte propre
|
-9,8 |
-0,7 |
-6,6 |
29,2 |
dont
transports légers
|
+3,0 |
+2,8 |
+1,7 |
18,8 |
dont transit |
ns |
ns |
ns |
0,5 |
Pour
chaque catégorie de produits transporté, on relève que le
taux de croissance a été, en 2000, inférieur à
celui de 1999.
Cependant, les transports de certains types de marchandises ont mieux
résisté que d'autres, notamment les acheminements de produits
manufacturés (+11,5% en 2000 au lieu de +22,6% en 1999) et ceux des
matériaux de construction (+2% après 8% en 1999).
La filière la plus touchée a été l'agro-alimentaire
dont le trafic a baissé de -2,4 %.
La baisse d'activité routière s'est, au demeurant,
concentrée principalement sur les trafic internationaux qui ont
enregistré un fort recul (-9 %).
2. La situation des entreprises
En
dépit de la réduction de l'activité routière, le
chiffre d'affaires des entreprises de transport routier a nettement
dépassé, en 2000, les résultats de 1999 (+12,9%
après +7,1%).
Les prix ont enregistré en moyenne une hausse de 6% qui a, en partie,
couvert les charges des entreprises dans lesquelles les fortes augmentations
des consommations intermédiaires, sous l'effet de la hausse du gazole et
des frais de personnel, ont beaucoup pesé.
Le tableau ci-dessous retrace l'évolution des prix et des coûts du
transport routier de marchandises sur la période 1998/2000.
Evolution des valeurs en francs par véhicule-kilomètre |
1999/1998 en % |
2000/1999 en % |
Prix du transport routier en zone longue |
+1,0 |
+5,3 |
Ensemble du transport routier (zone longue, zone courte, international) |
+1,4 |
+5,9 |
Coût d'exploitation d'un ensemble tracteur savoyarde de 40 tonnes |
+3,1 |
+7,4 |
Le tableau ci-après présente les comptes des entreprises du secteur du transport routier de marchandises sur la période 1998-2000.
|
Niveau 2000 en milliards de francs |
1999/1998 en % |
2000/1999 en % |
Chiffre d'affaires |
204,4 |
+7,1 |
+12,9 |
Chiffre d'affaires hors sous-traitance |
173,6 |
+6,7 |
+11,2 |
Consommations intermédiaires |
101,8 |
+9,2 |
+16,2 |
Valeur ajoutée |
75,5 |
+5,5 |
+8,3 |
Frais de personnel |
57,6 |
+8,2 |
+9,8 |
Impôts - subventions |
4,9 |
+6,9 |
+6,4 |
Excédent brut d'exploitation |
12,8 |
-4,5 |
+1,3 |
(Source : SES)
Le nombre de créations d'entreprise a baissé d'un tiers en 2000, ainsi que l'indique le tableau ci-dessous, qui montre l'évolution depuis 1994.
|
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
Créations |
5 805 |
6 171 |
5 917 |
6 153 |
5 903 |
5 213 |
3 546 |
évolution en % |
+10,0 |
+6,3 |
-4,1 |
+4,0 |
-4,1 |
-11,7 |
-32,0 |
|
|
|
|
|
|
|
|
Nombre d'entreprises en fin d'année |
40 923 |
42 135 |
41 485 |
41 903 |
42 358 |
41 844 |
41 075 |
évolution en % |
+0,6 |
+3,0 |
-1,5 |
+1,0 |
+1,1 |
-1,2 |
-1,8 |
|
|
|
|
|
|
|
|
Défaillances |
1 638 |
1 270 |
1 285 |
1 494 |
1 239 |
1 193 |
1 303 |
évolution en % |
-9,1 |
-22,5 |
+1,2 |
+16,3 |
-17,1 |
-3,7 |
9,2 |
En 2001,
malgré la poursuite des évolutions divergentes entre trafic
national (en hausse) et international (en baisse), le trafic routier total a
progressé de 3,9% sur les cinq premiers mois par rapport à la
même période de 2000.
Au niveau des entreprises, la forte baisse des créations
constatée en 2000 semble être enrayée. L'effort
d'investissement reste soutenu, les immatriculations de poids lourds ayant
progressé de 2 % sur cinq mois.
VI. LES SCHÉMAS DE SERVICES COLLECTIFS DE TRANSPORTS DE VOYAGEURS ET DE MARCHANDISES
Les
schémas de service de transport collectif de voyageurs et de
marchandises établissent la liste des « grands
projets » supposés présenter une
importance
majeure
au niveau national et susceptibles d'être mis en oeuvre dans
les vingt ans à venir, soit pour le domaine routier les autoroutes
nouvelles ou les grandes liaisons routières interrégionales
à 2 fois 2 voies ; par voie de conséquence les projets non
inscrits dans les schémas de services seront considérés
comme incompatibles et le processus conduisant à leur réalisation
éventuelle nécessitera la révision préalable des
schémas.
Ces schémas ont défini quatre scénarios :
- un scénario A caractérisé par l'absence de mesures
de régulation des transports (maintien de la taxe intérieure des
produits pétroliers -TIPP- à son niveau de 1998, stabilité
des prix ferroviaires voyageurs et décroissance marquée des prix
aériens, baisse des coûts du fret routier) ;
- un scénario B qui suppose la poursuite des inflexions
apportées récemment à la politique des transports
(maintien de la TIPP au niveau de 1998 pour l'essence et hausse
modérée de la TIPP gazole, stabilité des prix ferroviaires
voyageurs et baisse moyenne des prix aériens, faible croissance des prix
du fret routier, avec l'application du contrat de progrès) ;
- un scénario C qui vise à améliorer
l'internalisation des coûts externes et le partage modal, sans limiter la
mobilité des voyageurs (maintien de la TIPP au niveau de 1998 pour
l'essence et rattrapage de la TIPP gazole, baisse de 10% des prix ferroviaires
voyageurs, faible baisse des prix aériens, réduction effective du
temps de travail dans le transport routier de marchandises au niveau
français).
- un scénario D qui vise à un rééquilibrage
plus volontariste des parts modales ( les prix TTC du super et du gazole
convergent en 2020 à plus de 13 francs le litre, baisse de 10 % des
prix ferroviaires voyageurs, légère hausse des prix
aériens, adoption et mise en oeuvre effective au niveau européen
de l'harmonisation des horaires de travail dans le transport routier de
marchandises).
A noter que dans tous les scénarios, les émissions de gaz
polluants à l'horizon 2020 baissent fortement (de 63% à 90% selon
les gaz et les scénarios). En revanche, les émissions de gaz
à effet de serre progressent, mais beaucoup moins que le trafic.
Afin de consacrer la priorité accordée au fret ferroviaire et aux
transports alternatifs à la route pour les transports interurbain, les
schémas de services ont retenu le scénario C auquel est
ajouté :
- un doublement du fret ferroviaire à l'horizon 2010 (et un
triplement à l'horizon 2020) et un doublement du fret fluvial à
l'horizon de 20 ans ;
- la mise en place d'une taxe sur le carbone émis de
500 francs par tonne appliquée d'ici 2010.
Ceci définit le
« scénario multimodal
volontariste » (MV)
des schémas de services de transport.
Les dispositions des schémas de services relatives au réseau
routier national visent à assurer le bon fonctionnement des grands axes
terrestres interrégionaux et internationaux pour garantir
l'écoulement des trafics sur le réseau, ainsi que la
qualité de vie des territoires traversés.
A ce titre, l'exploitation du réseau routier national sera
organisé en développant des systèmes de gestion du trafic,
associés à une information pertinente aux usagers pour
réguler au mieux les flux et assurer ainsi l'optimisation de
l'utilisation des voies existantes.
Par ailleurs, des itinéraires alternatifs aux axes congestionnés
seront aménagés.
Sont ainsi prévues des liaisons tangentielles au Bassin parisien pour
décharger les radiales vers l'Ile de France, et des liaisons
renforçant la capacité des axes européens nord-sud.
Le cas particulier de la vallée du Rhône et du couloir
languedocien ressortira d'une stratégie globale intermodale.
Un autre objectif affiché est l'intégration de la façade
atlantique dans le courant des échanges européens par la
réalisation d'itinéraires Est-Ouest reliant ce littoral à
l'Allemagne, la Suisse et l'Italie en évitant l'Ile de France.
Enfin, des contournements d'agglomération devraient être
renforcés pour écarter les trafics de transit des zones
urbanisées.
Au total, à l'horizon 2020, il serait prévu de mettre en service
150 km de routes nouvelles par an en moyenne avec une proportion
significative de contournements urbains.
Sur les schémas de services collectifs de transport de voyageurs et de
marchandises,
la Délégation du Sénat pour
l'aménagement et le développement durable du territoire
a
rendu un avis sévère.
Selon, M. Jacques Oudin, son rapporteur, les « schémas de
services » ont paradoxalement « fait
l'impasse » :
- sur la notion de « schéma »,
l'élément graphique et cartographique étant
extrêmement insuffisant ;
- sur la notion de « services » qui est très
peu explicitée.
Le rapporteur a estimé que les schémas comportaient des
approximations, des insuffisances, voire des contradictions (absence de
dimension européenne, absence de dimension territoriale et
transfrontalière, vision excessivement centraliste , flou des objectifs,
absence de moyens de financement, etc...), qu'un certain nombre d'étapes
essentielles étaient manifestement « manquantes »
dans la logique du document, la réalisation des objectifs du document
étant subordonnée à des conditions qui ont
été plutôt oubliées (l'harmonisation
européenne, la stratégie des chargeurs, la
« métamorphose » de l'opérateur ferroviaire
en situation de monopole...).
Le scénario MV, a-t-il souligné, comporte une logique qui
génère une accélération de la croissance des flux
routiers « voyageurs » à l'horizon du schéma.
Cette conséquence du scénario MV n'a été nullement
prise en compte par le document qui propose, par exemple, de diviser par deux
la dotation annuelle consacrée à l'investissement routier sur la
période 2000-2020 par rapport à la période 1980-2000.
D'où une contradiction majeure qui nécessitera clairement un
réexamen de schéma.
VII. LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE
A. LES ACTIONS MENÉES SUR LES COMPORTEMENTS DES USAGERS DE LA ROUTE EN 2000.
Ces actions sont récapitulées dans les tableaux ci-après.
1. Nombres d'accidents corporels, de tués et de blessés
Accidents corporels |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
|||||||
Rase campagne |
40 082 |
40 953 |
14 239 |
41 199 |
40 494 |
|||||||
|
100 |
102 |
103 |
103 |
101 |
|||||||
Milieu urbain |
85 324 |
84 249 |
83 148 |
83 325 |
80 729 |
|||||||
|
100 |
99 |
97 |
98 |
95 |
|||||||
Ensemble des réseaux |
125 406 |
125 202 |
124 387 |
124 524 |
121 223 |
|||||||
|
100 |
100 |
99 |
99 |
97 |
|||||||
Tués |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
|||||||
Rase campagne |
5 528 |
5 463 |
5 829 |
5.635 |
5 506 |
|||||||
|
100 |
99 |
105 |
102 |
100 |
|||||||
Milieu urbain |
2 552 |
2 526 |
2 608 |
2 394 |
2 137 |
|||||||
|
100 |
99 |
102 |
94 |
84 |
|||||||
Ensemble des réseaux |
8 080 |
7 989 |
8 437 |
8 029 |
7 643 |
|||||||
|
100 |
99 |
104 |
99 |
95 |
|||||||
Blessés |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
|||||||
Rase campagne |
61 003 |
62 484 |
62 644 |
62 201 |
60 908 |
|||||||
|
100 |
102 |
103 |
102 |
100 |
|||||||
Milieu urbain |
109 114 |
107 094 |
105 891 |
105 371 |
101 209 |
|||||||
|
100 |
98 |
97 |
97 |
93 |
|||||||
Ensemble des réseaux |
170 117 |
169 578 |
168 535 |
167 572 |
162 117 |
|||||||
|
100 |
100 |
99 |
99 |
95 |
En cinq ans, le nombre d'accidents corporels a diminué de 3 %, celui des tués et des blessés de 5 % alors que dans le même temps la circulation augmentait de 13 %.
2. Nombre d'accidents corporels et de tués par types de voies
Indice base 100 en 1996
a) Autoroutes
|
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
Accidents corporels |
5 255 |
5 593 |
5 910 |
6 803 |
6 624 |
|
100 |
106 |
112 |
129 |
126 |
Tués |
429 |
446 |
471 |
465 |
499 |
|
100 |
104 |
110 |
108 |
116 |
b) Routes nationales (rase campagne et agglomérations < 5 000 habitants)
|
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
Accidents corporels |
11 895 |
11 787 |
11 807 |
11 142 |
10 525 |
|
100 |
99 |
99 |
94 |
88 |
Tués |
1 919 |
1 846 |
1 928 |
1 845 |
1 724 |
|
100 |
96 |
100 |
96 |
90 |
c) Routes départementales (rase campagne et agglomérations < 5.000 habitants
|
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
Accidents corporels |
29 585 |
29 782 |
29 552 |
29 258 |
27 583 |
|
100 |
101 |
100 |
99 |
93 |
Tués |
3 640 |
3 690 |
3 919 |
3 775 |
3 622 |
|
100 |
101 |
108 |
104 |
100 |
En cinq ans, le nombre d'accidents corporels a augmenté de 26 % sur les autoroutes, il a diminué de 12 % sur les routes nationales et de 7 % sur les routes départementales.
3. Nombre de tués par catégories d'usagers
Indice base 100 en 1996
TUES |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
Piétons |
987 |
929 |
988 |
882 |
793 |
|
100 |
94 |
100 |
89 |
80 |
Bicyclettes |
300 |
329 |
301 |
307 |
255 |
|
100 |
110 |
100 |
102 |
85 |
Cyclomoteurs |
478 |
471 |
418 |
466 |
431 |
|
100 |
99 |
87 |
97 |
90 |
Motocyclettes |
741 |
831 |
901 |
901 |
886 |
|
100 |
112 |
122 |
122 |
120 |
Voitures de tourisme |
5 240 |
5 069 |
5 491 |
5 161 |
5 006 |
|
100 |
97 |
105 |
98 |
96 |
Véhicules utilitaires |
334 |
360 |
338 |
312 |
272 |
|
100 |
108 |
101 |
93 |
81 |
En cinq ans, la plupart des catégories d'usagers ont vu leur nombre de tués diminuer plus ou moins fortement : -20 % pour les piétons, -19 % pour les usagers de véhicules utilitaires et de poids lourds, -15 % pour les cyclistes, -10 % pour les cyclomotoristes et -4 % pour les automobilistes. Seule la catégorie des motocyclistes enregistre une hausse : +20 %.
4. Nombre de blessés par catégories d'usagers
Indice base 100 en 1996
BLESSES |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
Piétons |
19 789 |
19 152 |
18 493 |
18 636 |
18 398 |
|
100 |
97 |
93 |
94 |
93 |
Bicyclettes |
6 771 |
7 191 |
6 366 |
6 260 |
5 927 |
|
100 |
106 |
94 |
92 |
88 |
Cyclomoteurs |
20 156 |
20 526 |
20 106 |
20 126 |
19 956 |
|
100 |
102 |
100 |
100 |
99 |
Motocyclettes |
16 356 |
18 066 |
17 953 |
19 106 |
19 311 |
|
100 |
110 |
110 |
117 |
118 |
Voitures de tourisme |
100 281 |
98 259 |
99 034 |
96 953 |
92 961 |
|
100 |
98 |
99 |
97 |
93 |
Véhicules utilitaires |
6 764 |
6 384 |
6 583 |
6 491 |
5 564 |
|
100 |
94 |
97 |
96 |
82 |
En cinq ans, la plupart des catégories d'usagers ont vu leur nombre de blessés diminuer plus ou moins fortement : -18 % pour les usagers de véhicules utilitaires et de poids lourds, -12 % pour les cyclistes, -7 % pour les piétons et pour les automobilistes et -1% pour les cyclomotoristes. Seule la catégorie des motocyclistes voit son nombre de blessés augmenter : +18 %.
5. Bilan des quatre premiers mois de 2001
Bilan des quatre premiers mois de 2001 par rapport aux quatre premiers mois de 2001
|
Accidents
|
Tués |
Blessés
|
Blessés
|
Total
|
4 mois
2001
|
36 115
|
2 241
|
7 726
|
40 401
|
48 127
|
Bilan mois par mois
|
Accidents
|
Tués |
Blessés
|
Blessés
|
Total
|
Janvier
2001
|
9 318
|
583
|
2 007
|
10 237
|
12 244
|
Février 2001
|
8 282
|
514
|
1 748
|
9 298
|
11 046
|
Mars 2001
|
9 816
|
586
|
2 028
|
11 008
|
13 036
|
Avril
2001
|
8 699
|
558
|
1 943
|
9 858
|
11 801
|
VITESSES PRATIQUEES DE JOUR PAR LES VOITURES DE TOURISME
|
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
Autoroutes de liaison
(130 km/h)
|
119
|
121
|
122
|
123
|
127
|
Autoroutes de dégagement
(110 km/h)
|
106
|
104
|
109
|
109
|
110
|
Routes
nationales à 2 x 2 voies avec chaussées
séparées
(110 km/h)
|
111
|
111
|
111
|
112
|
112
|
Routes
nationales
(90 km/h)
|
90
|
90
|
89
|
88
|
89
|
Routes départementales à grande
circulation
(90km/h)
|
93
|
92
|
92
|
92
|
95
|
Traversées d'agglomérations
|
64
|
62
|
61
|
60
|
62
|
Traversées d'agglomérations
|
52
|
51
|
50
|
51
|
52
|
Traversées d'agglomérations
|
63
|
62
|
62
|
61
|
59
|
On
notera que les vitesses pratiquées sur les réseaux par les
voitures de tourisme sont en hausse sensible sur le réseau autoroutier,
principalement sur les autoroutes de dégagement. Elles sont stables ou
en légère baisse sur les autres réseaux.
Les informations contenues dans les tableaux ont été obtenues
grâce à des sondages effectués par observation des vitesses
pratiquées par les véhicules sur des routes droites, planes, sans
perturbation de trafic, sans carrefour ni feux sur au moins un
kilomètre, avant et après le point de mesure.
Les observations ont lieu entre 9 h 30 et 17 h 30 ; deux tiers des
observations ont lieu les jours ouvrables et un tiers lors des week-ends ou des
jours fériés.
Comme chaque année, les enquêtes effectuées
dans le
cadre du programme REAGIR
, permettent de connaître avec
précision les différents facteurs qui interviennent dans les
accidents de la route.
Globalement, sur les 20.000 enquêtes effectuées, on a
constaté que :
- 95 % des accidents comportent des facteurs se rapportant à
l'usager ;
- 47 % des accidents comportent des facteurs se rapportant à
l'infrastructure ;
- 28 % des accidents comportent des facteurs se rapportant au
véhicule ;
- 7 % des accidents comportent des facteurs se rapportant à
l'alerte, aux soins et aux secours ;
- 22 % des accidents comportent des facteurs se rapportant à
des éléments divers (météo...).
Sur l'ensemble des 20 000 enquêtes analysées, il y en a :
- 48% dans lesquelles on relève une vitesse inadaptée ;
- 27 % dans lesquelles on relève la présence de
l'alcool ;
- 30 % dans lesquelles on relève un défaut de
sécurité individuelle (ceinture, casque) ;
- 18 % dans lesquelles on relève la présence de la
fatigue ;
- 16% dans lesquelles on relève un mauvais comportement face
à une situation d'urgence ;
- 17 % dans lesquelles on relève l'inattention des
conducteurs ;
- 15 % dans lesquels on relève l'inaptitude de la
conduite ;
- 14% dans lesquelles on relève un problème physique du
conducteur (malaise, maladie, prise de médicaments, handicap...).
Le facteur «
vitesse »
se retrouve dans 59 %
des accidents de motos, 44 % des accidents de voitures de tourisme et dans
22 % des accidents de poids lourds.
Pour ce qui concerne le facteur «
alcool
», la
moyenne des taux d'alcoolémie relevés est de 1,8 g/l de sang
; 41 % des taux étant supérieurs à 2g/l de sang.
On retrouve ce facteur :
- chez les conducteurs de voitures de tourisme dans 25 % des
accidents les impliquant ;
- chez les motocyclistes ou cyclomotoristes dans 22 % des accidents
les impliquant,
- chez les piétons dans 15 % des accidents les
impliquant ;
- chez les chauffeurs de poids lourds dans 6 % des accidents les
impliquant.
Le facteur "
conception de l'infrastructure
" se retrouve dans 34 %
des accidents. Parmi ceux-ci, 20 % ont un rapport avec la configuration de
la route et 15 % avec les abords. Ce facteur varie peu, quelque soit le
type d'accident (moto, VL, PL, etc...).
Le facteur « entretien et exploitation de
l'infrastructure » se retrouve dans 24 % des accidents.
Sur les 20.000 accidents mortels, le facteur « conception du
véhicule » se retrouve dans 14 % des cas. Il s'agit
essentiellement des dispositifs de sécurité (3 %), de
résistance aux chocs (4 %) ou de problèmes de
visibilité (5 %).
Le facteur « entretien du véhicule » se retrouve,
quant à lui, dans 16,5 % des enquêtes, essentiellement des
problèmes de pneumatiques (8,5 %) ou de mauvais entretien
général (8 %).
CHAPITRE III -
LES VOIES NAVIGABLES
I. LE PROJET DE BUDGET 2002 POUR LES VOIES NAVIGABLES
Les
dotations budgétaires relatives aux voies navigables sont
constituées par :
- la subvention aux investissements de l'établissement public Voies
navigables de France (VNF) (chapitre 63-44/50) ;
- la dotation relative à la restauration des voies continuant
à être gérées par l'Etat (chapitres 53-44/50)
- les interventions de l'Etat en faveur de la batellerie
(chapitre 44-20/10).
Chapitre 63-44/50
: pour les voies gérées par VNF, les
crédits viendront abonder les ressources propres de
l'établissement public
Chapitre 53-46/80
: les crédits seront consacrés à
la restauration du réseau restant géré par l'Etat (environ
700 km de voies). Les dépenses financées concernent pour
l'essentiel la partie de ce réseau géré par les services
des voies navigables des port autonomes de Marseille, le Havre et Dunkerque.
Chapitre 44-20
, article 10 : les crédits sont
affectés aux « interventions en faveur de la
batellerie » afin d'apporter des aides à la modernisation des
matériels, notamment pour favoriser les économies
d'énergie et pour verser un complément de retraite aux artisans
bateliers qui ont choisi de quitter la profession.
Globalement, l'enveloppe financière consacrée aux voies
navigables, en 2002, est de 84,1 millions d'euros en autorisations de
programme et de 63,4 millions d'euros en crédits de paiement.
On distinguera les titres IV, V et VI.
Titre IV
: les crédits du chapitre 44-20/10
« intervention en faveur de la batellerie » : 762.200
euros sont prévus en 2002 dont 457.320 euros pour les allocations
de départ en retraite des bateliers et 304.880 euros pour les
mesures en faveur des entreprises de transport par voies navigables (aide
à la modernisation des matériels, aide à la formation).
Titre V
: les crédits d'un montant de 2,59 millions
d'euros en autorisations de programme et de 1,73 millions d'euros en
crédits de paiement du chapitre 53-46/80 sont destinés aux
voies gérées par l'Etat pour des travaux de restauration
notamment sur les écluses du canal du Havre à Tancarville et du
canal Dunkerque-Valenciennes ainsi que sur les canaux du Rhône à
Marseille et à Fos.
Titre VI
: les crédits sont de 80,79 millions d'euros en
autorisations de programme et 60,97 millions d'euros en crédits de
paiement. Ils concernent pour l'essentiel des opérations
réalisées par Voies navigables de France qui prévoit en
2002 :
- la poursuite des opérations inscrites dans les contrats de plan
Etat-VNF-Régions 2000-2006 et les grands programmes
interrégionaux, notamment « Seine-Oise » ;
- le programme, hors contrat de plan de restauration du réseau en
poursuivant l'action de modernisation du réseau entreprise par l'Etat
depuis 1997.
II. L'ACTIVITÉ DE « VOIES NAVIGABLES DE FRANCE » (V.N.F.)
a) Le personnel
« Voies navigables de France » dispose
actuellement d'un effectif de 353 agents.
Au siège, les agents sont répartis autour de six pôles
ayant vocation à conduire la stratégie de l'établissement
public, sur tout le territoire, dans les domaines suivants :
- infrastructure et environnement ;
- développement de la voie d'eau et du patrimoine ;
- ressources humaines et des services ;
- juridique et financier ;
- communication et promotion de la voie d'eau ;
- secrétariat général.
Les autres agents interviennent, sur l'ensemble du territoire, dans les trente
neuf antennes et agences, neuf arrondissements
« développement de la voie d'eau » et
sept agences comptables secondaires, qui constituent les unités
déconcentrées de l'établissement public.
VNF dispose, par ailleurs, des 5.500 agents de l'Etat répartis dans les
dix sept entités régionale ou locales, constituées
par six services spécialisés de navigation, quatre services
maritimes et de navigation et sept directions départementales de
l'équipement, mis à la disposition de l'établissement
depuis sa création.
Ces personnels occupent des emplois administratifs ou techniques liés
à l'entretien et à l'exploitation du réseau confié
à VNF.
b) Les moyens financiers
Les
ressources
de Voies navigables de France proviennent des utilisateurs du
réseau et sont complétées par des subventions de l'Etat,
des collectivités territoriales et de l'Allemagne ; les ressources
propres de l'établissement comprennent trois types de contributions
à partir desquelles sont financés ses moyens de fonctionnement et
d'investissement :
La taxe hydraulique
payée par les personnes et organismes
qui prélèvent de l'eau dans le réseau ou qui en
rejettent ; c'est la principale ressource de Voies navigables de France
qui s'établit à 79,69 millions d'euros en 2000 ; son
estimation pour 2001 est de l'ordre de 79,43 millions d'euros.
Les péages
payés par les transporteurs de
marchandises, les transporteurs de passagers et, plus
généralement, tous les bateaux circulant sur le
réseau ; le péage « marchandises » a
rapporté 6,48 millions d'euros en 2000 et le péage
« plaisance », 3,32 millions d'euros.
Les ressources du domaine
confié par l'Etat à Voies
navigables de France. Les ressources issues du domaine public fluvial ont
rapporté plus de 11,98 millions d'euros en 2000 contre 9,3 millions
d'euros en 1999.
Les
ressources propres
se sont donc élevées à
113,61 millions d'euros en 2000.
La contribution générale de l'Etat
aux investissements
s'est élevée à 81,69 millions d'euros.
La participation des collectivités territoriales aux travaux de
restauration du réseau dans le cadre des programmes cofinancés ou
d'extension et de développement du réseau dans le cadre des
contrats de plan s'est élevée à 16,16 millions d'euros en
2000 et 33,54 millions d'euros en 2001.
Les ressources propres de VNF prévues pour 2001 et 2002
s'établissent ainsi :
(en millions d'euros (M€) et en millions de francs)
|
2000 |
2001
|
2002
|
|||
|
Millions d'euros |
Millions de francs |
Millions d'euros |
Millions de francs |
Millions d'euros |
Millions de francs |
Taxe hydraulique |
79,69 |
522,7 |
79,43 |
521,0 |
79,27 |
520,0 |
Péages
|
6,48
|
42,5
|
6,63
|
43,5
|
6,86
|
45,0
|
Redevances domaniales
|
11,39
|
74,7
|
12,81
|
84,0
|
12,26
|
87,0
|
Prestations diverses |
2,77 |
18,2 |
2,07 |
13,6 |
1,87 |
12,3 |
Subventions d'exploitation |
2,38 |
15,6 |
3,28 |
21,5 |
2,39 |
15,7 |
Produits de gestion courante et exceptionnels |
2,91 |
19,1 |
1,78 |
11,7 |
1,38 |
9,1 |
Produits financiers |
4,07 |
26,7 |
3,05 |
20,0 |
3,05 |
20,0 |
TOTAL |
113,61 |
745,2 |
112,93 |
740,8 |
112,06 |
735,1 |
Par ailleurs, Voies Navigables de France bénéficie des subventions détaillées ci-après :
(en millions d'euros (M€) et en millions de francs (MF)
|
Etat |
Collectivités territoriales et Union européenne |
Total |
|||||||
|
M€ |
MF |
M€ |
MF |
M€ |
MF |
||||
2000 |
84,57 |
535,88 |
16,16 |
105,98 |
97,85 |
641,86 |
||||
2001 |
91.32 |
375,00 |
33,57 |
220,00 |
90,70 |
595,00 |
||||
2002 |
68,60 |
450,00 |
36,588 |
240,00 |
105,19 |
690,00 |
En 2000,
le montant des investissements réalisés s'est établi
à près de 116,17 millions d'euros, répartis de la
manière suivante :
- 83,08 millions d'euros pour la restauration du réseau dont
3,05 millions d'euros au titre du contrat de plan 1993-1999 et
6,4 millions d'euros dans le cadre des contrats de plan 2000-2006 et du
programme interrégional relatif au « Territoire
Saône-Rhin » ;
- 21,34 millions d'euros pour les opérations de
développement du réseau, dont 15,85 millions d'euros pour
les travaux du XIe plan, 1,07 million d'euros pour la
réhabilitation du canal de Roubaix, 0,3 millions d'euros pour les
études relative à la liaison Seine Nord et 4,12 millions
d'euros pour l'aménagement du polder d'Erstein ;
- 5,18 millions d'euros pour les études
générales et les opérations
«environnement » et « développement
économique de la voie d'eau » ;
- 4,88 millions d'euros pour l'acquisition des matériels et
engins utilisés à l'entretien du réseau et
1,68 million d'euros pour les investissements propres et les
immobilisations financières.
Pour 2001, le programme d'investissement devrait atteindre environ
137,2 millions d'euros qui seraient principalement affectés
à hauteur de 39,03 millions d'euros à la poursuite du
développement du réseau (dont 4,73 millions d'euros pour le
polder d'Erstein financé par l'Allemagne), à hauteur de
80,34 millions d'euros à la restauration des canaux et
rivières confiés à VNF, à hauteur de
8,54 millions d'euros pour les études générales et
les opérations de développement économique et
d'environnement, à hauteur de 5,34 millions d'euros à
l'acquisition de matériels et d'engins affectés à
l'entretien de la voie d'eau et, enfin, à hauteur de 3,81 millions
d'euros aux investissements propres et immobilisations financières.
Les dépenses d'investissement et de restauration du réseau
confié à VNF sont retracées dans le tableau
ci-après :
(en millions d'euros (M€) et en millions de francs (MF)
|
2000 |
2001 |
2002 |
|||
|
M€ |
MF |
M€ |
MF |
M€ |
MF |
développement du réseau |
21,36 |
140,102 |
39,06 |
256,217 |
31,31 |
205,403 |
restauration du réseau |
83,00 |
544,463 |
80,40 |
527,360 |
89,29 |
585,739 |
études générales |
1,34 |
8,766 |
1,52 |
10,000 |
1,37 |
9,000 |
développement économique et environnement |
3,85 |
25,350 |
7,01 |
46,000 |
7,62 |
50,000 |
TOTAL : |
109,56 |
718,681 |
127,99 |
839,577 |
129,60 |
850,142 |
Pour mémoire |
|
|
|
|
|
|
Matériels d'exploitation |
4,88 |
32,033 |
5,34 |
35,000 |
5,33 |
35,000 |
Investissements propres et immobilisation financières |
1,70 |
11,169 |
3,88 |
25,423 |
4,55 |
29,858 |
Montant total des investissements |
116,15 |
761,883 |
137,20 |
900,000 |
139,49 |
915,000 |
c) Les attributions de VNF
VNF
comporte, on le sait, deux grandes branches :
- la branche traditionnelle consistant en la gestion du transport par
voies navigables, héritée de l'Office national de la navigation;
- la branche nouvelle consistant en l'exploitation, l'entretien et le
développement du réseau des voies navigables de l'Etat
confié à VNF.
Sur le premier point, on relèvera que, vis-à-vis des
transporteurs, VNF a contribué aux plans d'aides aux transporteurs par
voie navigable qui ont succédé aux plans économiques et
sociaux menés dans les années 80 et 90 et du contrat de
modernisation signé en 1999 en préparation de la
libéralisation du marché, le 1
er
janvier 2000.
Globalement, en 2000, 1,62 million d'euros ont été
consacrés au volet économique des plans d'aides concernés,
contre 2,70 millions d'euros (Etat + VNF) pour le volet social. Les
prévisions pour 2001 sont respectivement de 2,32 millions d'euros
et 0,84 million d'euros.
On soulignera aussi que 2000 et 2001 ont été marquées par
la volonté de VNF d'améliorer le rôle du tourisme fluvial
comme filière touristique à part entière.
Le concours de l'agence française d'ingénierie touristique (AFIT)
a notamment permis de réfléchir sur trois thèmes :
- l'amélioration de la connaissance des clientèles
existantes et potentielles ;
- la participation aux réflexions nationales sur le
développement du réseau « vélo routes - voies
vertes »
sur le domaine confié à l'établissement ;
- la mise en place d'un réseau d'observation du tourisme fluvial.
Sur le second point, on se rappelle que Voies navigables de France s'est vu
confier par l'Etat l'exploitation, l'entretien et le développement de la
majeure partie du réseau de voies navigables français, soit 6 800
kilomètres sur 8.500.
L'établissement mobilise essentiellement ses ressources propres et les
subventions accordées par l'Etat et les collectivités
territoriales.
VNF poursuit son programme de restauration et d'investissement sur le
réseau confié conformément aux orientations de l'Etat.
Il assure en outre la poursuite des études des grands projets fluviaux
Seine-Nord et Seine-Est dont la maîtrise d'ouvrage lui a
été confiée.
III. L'ENTRETIEN DES INFRASTRUCTURES FLUVIALES
En 2000,
les crédits d'entretien-exploitation se sont élevés
à 45,53 millions d'euros. Ce montant est en progression de plus de
22 % par rapport à celui de l'exercice 1999 soit
37,30 millions d'euros.
Cette augmentation est imputable -à hauteur de 8,08 millions d'euros-
aux travaux entrepris sur les voies et sur le domaine public fluvial, à
la suite des dégâts causés par les crues de l'Aude et de
ses affluents les 12 et 13 novembre 1999, ainsi que par les intempéries
des 26, 27 et 28 décembre 1999.
Les crédits d'entretien-exploitation ouverts en 2000 comprennent :
- d'une part, des dotations déconcentrées
déléguées aux services de navigation pour l'exploitation
des ouvrages et les travaux d'entretien courant. Cette part représente
26,33 millions d'euros soit près de 58 % du budget.
Elle est répartie, régionalement, comme suit :
- Bourgogne + Centre 1,91 M€ 12,507 MF
- Midi Toulousain 1,56 M€ 10,210 MF
- Languedoc-Roussillon 0,25 M€ 1,620 MF
- Alsace-Lorraine 7,99 M€ 52,430 MF
- Rhône-Saône 2 M€ 13,122 MF
- Nord - Pas-de-Calais 3 M€ 19,671 MF
- Nantes 0,1 M€ 0,646 MF
- Bassin de la Seine 9,53 M€ 62,488 MF
______ ______
26,33 M€ 172,694 MF
- d'autre part, des dotations individualisées qui ont permis de
financer certaines opérations de dragage pour un montant de 19,21
millions d'euros.
Pour 2001, VNF envisage de consacrer environ 41,26 millions d'euros au
poste entretien-exploitation, soit 23,32 millions d'euros pour
l'exploitation des ouvrages et l'entretien courant et 17,93 millions
d'euros pour d'importantes opérations d'entretien et de dragages.
La dotation prévue initialement par l'établissement, à
savoir 39,64 millions d'euros, est abondée, pour le financement de
dragages, par des subventions émanant de diverses collectivités
territoriales.
Pour 2002, la dotation prévue pour l'entretien et l'exploitation des
voies s'élève à 39,64 millions d'euros.
IV. LE TRANSPORT FLUVIAL
a) L'activité générale
Au terme
des six premiers mois 2001, le transport fluvial a enregistré, par
rapport à la même période de l'année 2000, une
baisse de 5,6 % en tonnes (27,3 contre 28,9 millions de tonnes) et de
11 % en tonnes kilomètres (tk) (3,29 milliards contre 3,69
milliards de tk).
La principale cause de ce recul réside dans les effets des inondations
du premier trimestre 2001.
Si le réseau rhodanien a connu aussi un recul de l'activité
(-9,1 % en tk), le trafic du réseau Nord a, quant à lui,
progressé (+ 0,2 % en tk).
Le trafic international sur le Rhin et la Moselle a augmenté globalement
de 1,4 % en tonnes et de 6 % en tk : le trafic mosellan a
reculé, pour sa part, de 4 %, tandis que le trafic rhénan a
progressé, quant à lui, de 5 % en tonnes et de 9 % en
tk.
C'est donc le trafic intérieur qui a été le plus
affecté par le recul de l'activité (- 14,6 % en tonnes
et - 21,2 % en tk), alors que les trafics internationaux ont
continué leur progression (soit, en tk, + 2,0 % pour les
exportations et + 5,6 % pour les importations).
L'analyse des différents marchés indique que les produits
agricoles ont poursuivi, au premier semestre, une croissance de 2,3 % en
tonnes et de + 2,6 % en tk.
A l'opposé, les denrées alimentaires et les fourrages reculent de
-20,0 % en tonnes et de -22,2 % en tk.
Dans le domaine de la filière énergétique, les pertes
restent conséquentes à la fois pour les charbons
(- 15,4 % en tonnes et - 38,9 % en tk) et les produits
pétroliers (- 11,6 % en tonnes et - 19,6 % en tk).
En ce qui concerne la filière métallurgique, les produits
« amont » (minerais et déchets) ont connu une forte
augmentation au premier semestre (+ 23,8 % en tonnes et
+ 7,8 % en tk) alors que les frets relatifs aux produits
métallurgiques ont enregistré une contraction de 2,3 % en
tonnes et 2,7 % en tk.
Le secteur des engrais et des produits chimiques a enregistré
également une diminution de l'activité, soit 19,6 % en
tonnes et 14,7 % en tk dans le premier cas et 11,9 % en tonnes et
13,0 % en tk dans le second.
Soulignons, enfin, que le trafic « conteneurisé »,
en revanche, a enregistré un gain de + 31,0 % sur la période
considérée.
On relèvera que les trafics des principaux pays d'
Europe du Nord
sont les suivants :
- Belgique : 6,3 Mds de tk (année 1999)
- Allemagne : 66,6 Mds de tk (année 2000)
- Pays-Bas : 40,3 Mds de tk (année 1998)
Pour
l'exercice 2002
, les experts espèrent que le trafic fluvial
bénéficiera à nouveau des tendances positives du secteur
et enregistrera des résultats du même ordre de grandeur que
l'année 2000.
Le taux de croissance susceptible d'être atteint pourrait être
compris entre + 4 et + 8 %.
b) Les ports fluviaux
En 2000,
l'activité fluviale du Port Autonome de Paris s'est établie
à un peu de plus 19,8 millions de tonnes, soit une hausse de
3,5 %.
Les augmentations les plus significatives concernent principalement les
charbons, soit 1,75 million de tonnes en 2000 contre 1,51 million de
tonnes en 1999 (+ 16,4 %) et les matériaux bruts et
matériaux de construction, soit 14,86 millions de tonnes en 2000
contre 14,34 millions de tonnes en 1999 ( +3,6 %). A noter que ce secteur
représente à lui seul les trois quarts de l'activité du
port.
L'activité fluviale des ports de la façade maritime a
enregistré, quant à elle, une baisse aussi bien au port du Havre
(4,1 millions de tonnes en 2000 contre 4,4 millions de tonnes en 1999)
qu'à Rouen (3,5 millions de tonnes en 2000 contre 4,1 millions de
tonne en 1999). Dans les deux cas, cette baisse a été
principalement imputable à la diminution du trafic fluvial
d'hydrocarbures.
A l'Est, le Port Autonome de Strasbourg a enregistré de très bons
résultats : trafic fluvial en hausse de 13 % avec 10,7 millions de
tonnes ; trafic combiné en hausse de 24 %.
Sur l'ensemble du Rhin, l'activité fluviale de conteneurs a
progressé de 63,6 %.
D'une manière générale, les ports rhénans-mosellans
ont généré un trafic en augmentation de + 9,5 % par
rapport à 1999 (20,6 millions de tonnes en 2000 contre 18,8 millions de
tonnes en 1999).
Les ports situés sur les voies navigables du Rhône et de la
Basse-Saône ont généré un trafic de l'ordre de 4
millions de tonnes, soit un gain d'environ 5 points par rapport à 1999.
Enfin, sur le réseau Nord, l'ensemble des ports a enregistré une
augmentation de leurs expéditions de + 12 % et une légère
diminution de leurs arrivages (1 %).
L'année 2001 devrait, cependant, se caractériser par un certain
repli de l'activité portuaire, sur la plupart des vracs, en raison des
inondations du début de l'année.
Abstraction faite de cet aspect conjoncturel, les perspectives des ports
restent, pour la plupart des experts, bien orientées.
V. LES PROJETS DE LIAISONS FLUVIALES À GRAND GABARIT
a) La liaison Seine-Nord
Inscrit
au « schéma directeur transeuropéen des voies
navigables » à grand gabarit de 1993 et désormais dans
les schémas multimodaux de services collectifs de transport de voyageurs
et de transport de marchandises, le projet de liaison fluviale Seine-Nord (dont
le coût fut estimé en 1999 à 2,3 milliards d'euros) a
pour but de relier la Seine et l'Oise au réseau des canaux du nord de la
France et du Bénélux par un canal à grand gabarit.
Les trois « parties » à aménager sont :
- le tronçon central entre Compiègne et le canal
Dunkerque-Escaut ; il existe actuellement deux canaux de jonction,
respectivement le canal de St-Quentin à petit gabarit (350 tonnes), et
le canal du Nord à moyen gabarit (750 tonnes) qui a été
achevé dans les années soixante ; le projet de nouveau canal
permettra l'acheminement de chargements pouvant atteindre
4400 tonnes ;
- au sud, l'Oise entre Compiègne et Conflans-Ste-Honorine qui est
déjà à grand gabarit, mais dont les
caractéristiques ne sont pas homogènes (3000 tonnes de Conflans
à Creil, 2000 tonnes en amont) ;
- au nord, le canal à grand gabarit Dunkerque-Escaut, reliant
Dunkerque à Valenciennes avec une branche vers Lille et la Belgique, qui
date de 1959, qui est handicapé par le faible tirant d'air des ponts ne
permettant pas à la flotte européenne à grand gabarit
(1350 à 3000 tonnes) d'y pénétrer à vide. Sauf
trafics locaux et spécialisés, aujourd'hui très
réduits, le trafic international n'utilise en pratique qu'un gabarit de
cale réduit type « Freycinet » (350 tonnes).
Il conviendra d'aménager, en priorité, les
extrémités nord et sud de la liaison, de façon à
développer le transport fluvial dans les bassins concernés et
améliorer la desserte fluviale des ports de Dunkerque, Rouen et Le
Havre.
Sur le bassin Nord-Pas-de-Calais, il importera de rehausser les ponts sur le
canal Dunkerque-Escaut.
D'autre part, la modernisation des barrages et écluses de la Seine est
prévue au titre des contrats de plan entre l'Etat et les régions
Ile-de-France et Haute-Normandie.
Est enfin à l'étude, le choix du tracé du projet du
nouveau canal entre Compiègne et le canal Dunkerque-Escaut.
b) La liaison Seine-Est
Ce
projet de liaison à grand gabarit entre la Seine et la Moselle
évoqué, par votre rapporteur, dans ses précédents
Avis, n'a pas été retenu par les schémas multimodaux de
services collectifs de transport de voyageurs et de transport de marchandises.
Pour le gouvernement, les conclusions des études préliminaires
montrent, « compte tenu du coût très élevé
de l'investissement (6 milliards d'euros soit 39,4 milliards de
francs) » en regard du trafic attendu, qu'une telle infrastructure
« n'offre pas une réponse pertinente aux besoins de transport
sur cet axe dans une perspective à 20 ans ».
VI. LE RÉSEAU À PETIT GABARIT
En 2000,
un montant de 61,117 millions d'euros a été affecté
par Voies navigables de France à la restauration et à
l'aménagement du réseau à petit gabarit, soit plus de
57 % du programme d'investissement global de l'établissement.
En 1997, le réseau a été segmenté en quatre
catégories de voies :
- catégorie 1 - voies d'intérêt majeur pour le
transport des marchandises : 1.801 km ;
- catégorie 2 - réseau complémentaire utile au
transport de marchandises et liaisons entre bassins : 909 km de voies
utiles au transport de marchandises et 565 km de liaisons inter-bassins ;
- catégorie 3 - voies d'intérêt majeur pour le
tourisme fluvial : 914 km ;
- catégorie 4 - autres voies : 2.488 km.
La répartition des dépenses exécutées en 2000 et
prévues pour les exercices 2001 et 2002 pour les voies des
catégories 2,3 et 4, est retracée dans le tableau
ci-dessous :
|
en millions de francs |
|||
|
2000 |
2001 |
2002 |
|
|
Exécution |
prévision |
prévision |
|
RESTAURATION |
|
|
francs |
euros |
Catégorie 2 |
141,641 |
121,000 |
155,601 |
23 221 220 |
Catégorie 3 |
84,831 |
76,183 |
87,263 |
13 303 158 |
Catégorie 4 |
125,775 |
162,000 |
188,703 |
28 767 587 |
Total restauration |
352,247 |
359,183 |
431,567 |
65 791 965 |
DEVELOPPEMENT |
|
|
|
|
Catégorie 2 |
41,769 |
86,835 |
10,560 |
1 609 862 |
Catégorie 4 |
6,883 |
30,850 |
12,500 |
1 905 612 |
Total développement |
48,652 |
117,685 |
23,060 |
3 515 474 |
TOTAL |
400,899 |
476,868 |
454,627 |
59 307 439 |
Sur la
période 1994-1999, l'effort entrepris sur les voies à petit
gabarit a été amplifié par l'implication des
collectivités territoriales dans le cadre des programmes des contrats de
plan Etat-régions 2000-2006.
Deux programmes ont été lancés en 1999 et 2000 ; ils
concernent l'aménagement du canal du Rhône au Rhin et la
réhabilitation du canal de Roubaix.
L'opération de restauration du canal (réseau
« Freycinet ») du Rhône au Rhin entre Mulhouse et la
Saône a été décidée en 1999, à la
suite de la décision d'abandonner le canal
« Rhin-Rhône ».
Une première tranche de travaux devrait être engagée pour
permettre les réfections nécessaires à la mise en
sécurité des ouvrages, au maintien du régime hydraulique
du Doubs et à la navigation de plaisance et au trafic commercial. Ce
programme, estimé pour la période 2000-2006, à
61,742 millions d'euros sera financé par l'Etat, les
collectivités territoriales et VNF.
4,713 millions d'euros ont été consommés en 1999 et 2000
pour financer les études et les premiers travaux de restauration et de
valorisation de la voie.
Les prévisions de dépenses pour les exercices 2001 et 2002
s'élèvent respectivement à 6,399 millions d'euros et 8,733
millions d'euros.
Le projet de réaménagement du canal de Roubaix est
évalué à 24,392 millions d'euros financé
à hauteur de 3,812 millions d'euros par VNF, les cofinanceurs
étant les collectivités et autres organismes territorialement
intéressés ainsi que l'Union européenne qui le financera
à hauteur de 12,196 millions d'euros.
Outre les programmes cofinancés, les principales opérations de
restauration sur les voies à petit gabarit ont été les
suivantes en 2000 :
- Yonne : restauration du barrage de Courlon et reconstruction
du barrage de Saint-Martin-du-Tertre ;
- Canal latéral à la Marne : restauration des chemins
de service ;
- Canal de la Sambre à l'Oise : remise en état des
ponts tournants ;
- Canal de l'Oise à l'Aisne : automatisation des
ouvrages ;
- Scarpe moyenne : réhabilitation de la voie ;
- Canal du Rhône au Rhin : restauration de l'écluse de
Niffer et travaux de mise en sécurité des tunnels de Tarragnoz et
Thoraise ;
- Canal des Houillères de la Sarre : travaux de chômage
et de protection des berges ;
- Canal de la Marne au Rhin : restauration du tunnel de Mauvage,
reconstruction du pont-levis de Malzéville, protection des berges du
bief de partage des Vosges, restauration et automatisation des écluses
de Dombasle à Frouard, travaux de remise en état de la voie et de
la digue de Gondrexange suite aux intempéries de décembre
1999 ;
- Canal de l'Est - branche nord : reconstruction du barrage de
Monthermé ;
- Canal de l'Est - branche sud : mécanisation et
automatisation de la chaîne de Golbey et rénovation de 12
écluses ;
- Canal de Bourgogne : divers travaux de restauration dans le cadre
du programme cofinancé ;
- Canal de Briare : remise en état du pont-canal de
Briare ;
- Canal du Nivernais : étanchement du bief de Coulanges et
travaux divers de restauration ;
- Canal latéral à la Loire : divers travaux de
restauration dans le cadre du programme cofinancé
« Bourgogne » ;
- Canal du Midi : reconstruction du barrage d'Agde et divers travaux
de remise en état des ouvrages et de la voie suite aux crues de novembre
1999 ;
- Canal latéral à la Garonne : travaux de remise en
navigation de la bretelle de Montech.
Les crédits d'entretien et d'exploitation du réseau à
petit gabarit ont atteint près de 27,289 millions d'euros en 2000,
et seront de l'ordre de 23,630 millions d'euros en 2001 et 2002.
On note que les dépenses de l'année 2000 ont été
sensiblement plus élevées que celles des autres années
dans la mesure où elles ont intégré la réparation
des dégâts causés par les tempêtes de la fin de
l'année 1999.
Votre rapporteur pour avis évoquera, en conclusion, la
liaison
fluviale à grand gabarit Rhin-Rhône
.
Nombreux, parmi nous, sont ceux qui souhaitent que ce grand projet
structurant ne soit pas définitivement enterré. La construction
d'un axe routier à grand gabarit entre le bec d'Ambes et Toulouse pour
l'approvisionnement du site industriel d'Airbus montre que des moyens peuvent
être dégagés lorsque la volonté politique existe.
Ces dernières années, le trafic fluvial a enregistré en
France une progression annuelle de 6 à 8 %. Il s'agit donc d'un
mode de transport d'avenir (la situation de l'Allemagne, des Pays-Bas ou de la
Belgique est d'ailleurs éclairante à cet égard), dont la
mise en valeur contribuera aussi à la décongestion de certains de
nos axes routiers.
Est-il raisonnable de tout miser, de ce point de vue, sur le ferroviaire ?
La liaison fluviale à grand gabarit Saône-Rhin est
véritablement le « chaînon manquant » dont
l'absence ne peut à terme qu'isoler notre pays des grands courants
d'échanges entre l'Europe du Nord, l'Europe du Sud, le bassin
rhénan et l'Europe du Danube.
En dépit du départ de l'ancien ministre chargé de
l'environnement, il semble qu'un réexamen de la décision
d'abandonner le projet ne soit toujours pas inscrit à l'ordre du jour du
Gouvernement. Votre Commission des Affaires économiques ne peut que
regretter cette absence de vision à long terme que l'on peut d'ailleurs
aussi constater dans le domaine de la politique routière.
*
* *
Sur proposition de son rapporteur pour avis, la commission a émis un avis défavorable à l'adoption des crédits consacrés aux routes et aux voies navigables inscrits dans le projet de loi de finances pour 2002 .
EXAMEN EN COMMISSION
Au cours
de sa séance du jeudi 22 novembre, la Commission des Affaires
économiques a procédé à l'examen du rapport pour
avis de M. Georges Gruillot sur les crédits consacrés aux
routes dans le projet de loi de finances pour 2002.
M. Francis Grignon a déclaré partager entièrement les
conclusions du rapporteur sur la décision gouvernementale d'abandonner
le projet de liaison fluviale à grand gabarit Rhin-Rhône,
décision qu'il a qualifiée d' « erreur historique ».
Sur ce point, il a rappelé que la commission lui avait demandé de
conduire une mission d'information et qu'il souhaitait, pour sa part,
s'entourer des avis de tous les « bons connaisseurs » du dossier.
Mme Gisèle Gautier a plaidé en faveur du tourisme fluvial, en
estimant que le déclin relatif enregistré ces dernières
années devait pouvoir être enrayé par un nouveau dispositif
d'aides.
Après avoir estimé que le dossier du canal Rhin-rhône
restait ouvert, M. Jean-Paul Émin s'est déclaré
favorable à un nouveau schéma directeur routier qui prendrait
notamment en considération les nécessaires doublements de
certaines autoroutes telles que l'A 7.
En réponse aux orateurs, M. Georges Gruillot, rapporteur pour avis, a
rappelé que Voies navigables de France (VNF) avait perçu 0,5
milliard d'euros au titre des péages en provenance du tourisme fluvial
contre 1 milliard d'euros en provenance du fret. Il a relevé que la voie
d'eau était encore insuffisamment « sécurisée »
et qu'il convenait de développer les opérations de dragage et de
balisage.
Après avoir estimé que l'itinéraire alsacien paraissait le
plus rationnel pour le projet de canal Rhin-Rhône (le passage par la
Moselle impliquant une problématique contribution allemande),
M. Georges Gruillot, rapporteur pour avis, s'est déclaré
favorable à un schéma global à quinze ou vingt ans qui
traiterait de tous les modes de transport.
M. Hilaire Flandre a, lui aussi, approuvé l'idée d'un
nouveau plan global pour tous les transports qui prendrait en compte les
préoccupations d'aménagement du territoire. Après avoir
souhaité que soit établi un bilan de l'action de l'ancien
ministre chargé de l'environnement, M. Hilaire Flandre s'est
interrogé sur les raisons de la diminution du transport routier de
marchandises.
Sur ce point, M. Marcel Deneux, président, s'est demandé si
la réduction du trafic ne pouvait pas s'expliquer par le transfert vers
le ferroviaire du trafic routier de la filière agroalimentaire.
En réponse aux orateurs, M. Georges Gruillot, rapporteur pour avis,
a réaffirmé l'utilité d'un schéma des transports
à quinze ou vingt ans, dont la vision serait globale. Il a estimé
que la responsabilité de l'abandon du projet de canal Rhin-Rhône
était partagée, avant de juger que la réduction de trafic
routier de la filière agroalimentaire était plutôt due
à des opérations de restructuration.
Sur proposition du rapporteur pour avis, la commission a émis un avis
défavorable à l'adoption des crédits consacrés aux
routes et aux voies navigables dans le projet de loi de finances pour 2002, les
commissaires du groupe socialiste et du groupe communiste républicain et
citoyen se prononçant, pour leur part, en faveur de leur
adoption.